Mamsi, XXIII, 633 et suiv
Bretagne, le comte de Flandre, un grand nombre d'évêques et de chevaliers suivirent son exemple. Lorsque le jour de Noël il distribua suivant l'usage des présents aux officiers de son hôtel, les habits qu'il leur donna étaient couverts d'une croix \ Une entrevue eut lieu à l'abbaye de Cluny, entre saint Louis et Innocent IV (novembre 1245) : le roi de France offrit en vain au pape de le réconcilier avec l'empereur. Il dut donc prendre seul le commandement de la croisade, composée exclusivement de Français et de quelques seigneurs anglais.
Mais pour obvier aux causes d'insuccès que rencontrait la croisade. Innocent IV avait déjà entrepris la réalisation d'un plan dont le succès aurait modifié profondément la situation de la puissance chrétienne en Orient : il avait envoyé des ambassadeurs à ces chefs tartares contre lesquels on prêchait encore la croisade. A côté du chamanisme national, toutes les religions asiatiques étaient représentées dans l'armée mongole : on y voyait quelques musulmans, mais surtout des bouddhistes et des chrétiens de cette église nestorienne qui s'était étendue des frontières de la Perse jusqu'au cœur de la Chine et avait converti au christianisme plusieurs tribus turques. La femme même de Iloulagou, petit- fils de Gcngis-Khan et futur conquérant de la Perse, Dokouz-Khatoum, était chrétienne et, bien que son mari fût bouddhiste, il montrait la plus grande bienveillance aux nestoricns qui suivaient son armée et avaient établi auprès de son « ordou » ou tente une chapelle où Ton annonçait les oHices au moyen de simandres de bois. L'existence de chrétiens dans les armées mongoles ne tarda pas à être connue en Europe : si la plupart des Occidentaux témoignaient de la plus grande