‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 165 sur 268 · JoiNViLLE (éd. N. DE Wailly), Soc. h. Fr., p · texte numérisé non relu

JoiNViLLE (éd. N. DE Wailly), Soc. h. Fr., p

220 PERTE DE CONSTANTfNOPLE ET DE LA TERRE SAINTE.

ignorance des Tartares et de leurs mœurs, il semble bien qu'avant leur invasion en Hongrie, des rapports diplomatiques se soient établis entre eux et ces hardis commerçants de Venise qui avaient installé des postes en Grimée et exploitaient les richesses de la Russie méridionale. Au moment de la première invasion en Russie, en 1223, les troupes de Djébé et de Souboutaï firent un crochet vers le sud pour aller détruire un comptoir génois de Crimée, dont l'existence gênait les intérêts vénitiens ^ En 1241, quand les Mongols atteignirent l'Adriatique, il ne semble pas que la république de Venise se soit émue de leur voisinage. Innocent IV eut donc certainement des renseignements sur les dispositions favorables des Mongols, et il résolut de se mettre en rapports avec eux. Ses auxiliaires furent justement ces franciscains et ces dominicains qui s'étaient voués à la conversion des infidèles.

En 1245, plusieurs ambassades du pape quittèrent l'Europe pour se rendre chez les Tartares et rassembler sur eux toutes les informations possibles. Jean de Plan-Carpin, frère mineur et ami de saint Fran-» çois d'Assise, fut chargé, avec trois de ses compagnons, d'aller trouver Batou à la Horde d'Or sur le Volga ; quatre dominicains dirigés par Nicolas Ascelin se dirigèrent sur la Perse dont l'armée était commandée par Batchou. Plan-Carpin et ses compagnons parvinrent à la Horde d'Or, résidence de Batou, Khan du Kiptchak, qui régnait sur la Russie et les pays de la Caspienne. Batou leur donna l'ordre de se rendre à la résidence du grand Khan. Ils partirent le jour de Pâques, 8 avril 1246, et au bout de quatre mois de voyage ils arrivèrent à Karakorum, au « sira ordou » (tente jaune), où se trouvaient réunis tous les princes de la famille de Té-

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