‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 168 sur 268 · Dib. des Croisades, IV · texte numérisé non relu

Dib. des Croisades, IV

3. joi.NYiLLE, p. 119-130. — Bib. des Croisades, IV, 472-476.

espoir de prendre une revanche et la volonté de ne pas abandonner la Syrie sans avoir pourvu à sa sécurité. Il reçut cependant des lettres de sa mère, Blanche de Gastille, qui l'exhortait à revenir en France; un conseil de guerre fut tenu et la plupart des barons se prononcèrent pour le départ, mais il y avait un parti dans l'armée, dont le sire de Joinville paraît avoir été le porte-parole, qui regardait comme une honte d'abandonner les états chrétiens et les prisonniers encore au pouvoir des musulmans. Dans une chanson composée à Acre, et dont Joinville paraît être l'auteur, saint Louis est sommé en termes véhéments de rester en Palestine,

Tant que la France ait recovrée s'onor.

Si le roi se laisse persuader de revenir,

France dira, Champagne, et tote gent Que vostre los avez mis en trestor Et gaaigné avez meins que nient; Et des pi'isons qui vivent à torment

Deussiez avoir pesance, Bien deussiez querre lor délivrance ; Quant por vos sont et por Jésus martir C'est granz péchiez ses i laissiez morir '.

Ce conseil plaisait à saint Louis et il Fadopta. Ses frères furent envoyés en Europe pour y chercher des secours, tandis que les obstacles à la croisade ne faisaient que s'accroître. Avant de mourir, en 1250, Frédéric II avait affecté 100.000 pièces d'or à la Terre Sainte, mais la lutte continua entre son fils Conrad IV et le pape : ce fut contre les Gibelins qu'Innocent IV prêcha la croisade. En Angleterre, Henri III et plusieurs seigneurs prirent la croix, puis le roi obtint du pape la permission de suspendre son « passage » et mit même des

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