CONQUÊTES DE BIBARS ET ALLIANCE MONGOLE
une quantité énorme de marchandises fut détruite. Lorsque le 31 juillet 1258 le pape Alexandre IV voulut imposer son arbitrage aux deux partis, il était trop tard : le 24 juin, la flotte génoise avait été complètement détruite devant Acre et les Génois faits prisonniers avaient dû jurer de ne pas revenir en Syrie avant trois ans ; le quartier qu'ils possédaient à Saint-Jean d'Acre fut partagé entre les Vénitiens et leurs alliés les Pisans K La guerre permanente qui commença alors entre Gênes et Venise fut une des causes de la chute des états chrétiens. La perte de Constantinople en fut la première conséquence. En 1261 l'empereur Michel Paléologue accueillit avec joie les ouvertures d'une alliance avec les Génois et s'engagea à leur accorder tous les droits et privilèges dont Venise avait joui jusqu'ici dans l'empire byzantin. La même année pendant que l'escadre vénitienne de Constantin nople assiégeait une ville de la mer Noire, Alexis Strategopoulos, général de Michel Paléologue, parvint à entrer sans peine dans la ville (25 juillet). Baudouin II se sauva sur une barque : le fantôme d'empire latin s'évanouissait et les Génois prenaient la place des Vénitiens à Constantinople ^.
Pendant que les chrétiens d'Orient étaient ainsi absorbés par leurs querelles, le sort de leurs possessions se jouait en réalité entre les Égyptiens et les Mongols. En 1255, une trêve de dix ans avait été conclue entre le royaume de Jérusalem et le sultan de Damas : l'année suivante l'Egypte accédait à ce traité. Mais bientôt la puissance mongole allait se trouver mêlée aux affaires de Syrie. En 1258, le khan Houlagou ^'emparait de
1. Heyd, I, p. 345 et suiv. — Contin. Guill. de Tyr, XXXIV, 4. — Annales le Gênes.
a. Georges Acropolitès, 84-85. — Gregoras, IV, 2. — Pachymère, II, 26-