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LA POLITIQUE ORIENTALE DE CHAULES D'ANJOU

;s musulmans escaladèrent les murs de la ville : la population au nombre de 8.000 hommes, femmes ou enfants, se réfugia dans la citadelle et capitula au bout de deux jours : les malheureux furent emmenés enchaînés pour être vendus sur les marchés d'Egypte. Pour conserver son comté de Tripoli, le prince d'Antioche, Bohémond, dut signer la paix (mai 1268) ^ La nouvelle de l'organisation d'une croisade contribua peut-être à ce résultat, mais les derniers débris des possessions chrétiennes, Tripoli, Acre, Sidon, étaient désormais complètement isolés.

§ 4. — La politique orientale de Charles d'Anjou.

Pendant que Bibars prenait ainsi une à une toutes les villes chrétiennes de Syrie, la querelle des Guelfes et des Gibelins continuait en Occident à détourner les esprits de la croisade : après la mort de Conrad IV (1254), Manfred releva dans les Deux-Siciles la cause des Hohenstaufen et entama des négociations avec Bibars. En 1261, un patriarche de Jérusalem qui se trouvait à Rome, Jacques Pantaleon, originaire de Troyes en Champagne, fut élu pape sous le nom d'Urbain IV : quelques jours après son élection il apprit la perte do Constantinople et vit bientôt arriver à lui le malheureux Baudouin II dénué de tout. Ce fut donc la croisade de Remanie qui attira d'abord son attention; en mai 1262 il la fit prêcher en France, en Pologne, en Aragon et invita saint Louis à secourir l'empire latin. Venise offrait de passer les croisés gratuitement^, mais la diplomatie de Michel Paléologue sut écarter ce danger et il commença avec le pape des négociations pour l'union des églises, qu'il savait pousser ou ralentir suivant l'état de ses affaires. D'autre part l'offre de

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