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LA POLITIQUE ORIENTALE DE CHARLES D'AMJOU

trois ans (12G8-127i) et offrit le champ libre aux entreprises du roi de Sicile; aussi il pressa ses préparatifs. Bien qu'il n'eût pu gagner formellement l'alliance de Venise, qui avait contre lui les mêmes motifs de défiance que les papes, il songea à entrer en campagne au printemps de 1270. Le 31 mars de cette année, il nommait Huguc de Conches capitaine de sa flotte en Romanie et en Slavonie. Le 11 mai, il fixait le chiffre de la flotte à 25 navires ^ Tout était prêt quand l'intervention de saint Louis vint le forcer à remettre son expédition. Ce fut en effet au roi de France qu'en l'absence d'un pape, Michel Paléologue s'adressa pour détourner l'orage qui allait fondre sur lui ; il lui offrit de le prendre comme arbitre dans la question de l'union et saint Louis ne voulant pas, lui simple laïque, prendre une décision en matière de foi, le renvoya au collège des cardinaux : comme chef de la croisade en revanche, le roi prit l'initiative d'arrêter l'entreprise de son frère et pendant la vacance du Saint-Siège il sauvegarda ainsi les intérêts de la politique traditionnelle des papes en Orient ^. Avant de s'embarquer à Aigues-Mortes, le4juillet 1270, il invita Charles d'Anjou à venir le rejoindre avec toutes ses forces devant Tunis. On a donc cru longtemps à tort que saint Louis s'était laissé engager dans la croisade de Tunisie par le machiavélisme de son frère. Cette expédition, à laquelle Charles d'Anjou dut prendre part, fut au contraire un grave échec pour ses projets sur l'Orient. Loin d'avoir été entreprise dans un intérêt politique, la croisade de saint Louis est au contraire un résultat de l'activité déployée par les missionnaires chez les musulmans. Un couvent de dominicains s'était fondé à Tunis ; le frère Raymond Martin y enseignait l'hébreu

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