Registre de Grégoire X, éd. Goiraud, n
240 PERTE DE COiNSTANTINOPLE ET DE LA TERRE SAINTE.
en Grèce un grand nombre de chevaliers, deux compagnies d'archers sarrasins de Lucera sous Philippe de Toucy et des soudoyers provençaux et napolitains sous Barrai de Baux ; les Angevins arrivaient à déloger les troupes de Michel Paléologue de Négrepont. La même année il signait une alliance avec Jean l'Ange, prince indépendant de Thessalie ^ . Menacé d'une croisade angevine, Michel Paléologue dut accepter les propositions du pape et imposer l'union au clergé de Constantinople. De son côté, Charles d'Anjou avait à craindre le parti gibelin très fort en Lombardie, l'attaque d'Alfonse X de Castille, allié de Paléologue et, en Allemagne, l'élection d'un nouvel empereur, Rodolphe de Habsbourg (1273), avait été dirigée contre lui. 11 fut donc obligé de souscrire lui aussi à la volonté du pape et le 6 juillet 1274 l'union des églises fut proclamée solennellement au concile de Lyon par Grégoire X. Après deux cent vingt ans de schisme les Grecs revenaient à la foi catholique et Michel Paléologue s'engageait à prendre part à une croisade, si ses états étaient garantis d'une attaque de la part des Latins 2.
Le concile de Lyon était à la fois un triomphe pour la papauté et pour les partisans delà croisade. Rien ne semblait plus faire obstacle à la délivrance de la Terre Sainte. Le pape obtint des évêqucs réunis au concile la levée des décimes de la croisade pendant six ans. Deux frères mineurs, Jérôme d'Ascoli et Bonagrazia de Persiceto, présentèrent au pape deux ambassadeurs du khan de Perse qui sollicitait une alliance contre les musulmans. Les envoyés mongols furent baptisés par le cardinal d'Ostie. En France la prédication de la croisade eut quelques succès : des seigneurs avaient con-