ÉCHEC DES PROJETS DE CHARLES D'ANJOU
des débris du royaume de Jérusalem, protecteur du royaume d'Arménie et du comté de Tripoli : la possession de Constantinople eût achevé de faire de lui le premier personnage de l'Europe. Le 3 juillet 1281, il s'assura par un traité l'alliance de Venise et le pape accéda à la coalition contre Michel Paléologue. Le départ de la croisade contre Constantinople lut fixé en avril 1283 : 8.000 chevaliers et de nombreux piétons devaient être transportés en Grèce ; Venise promettait une flotte d'au moins 40 galères '• . Michel Paléologue semblait perdu : tout à coup la catastrophe des Vêpres Siciliennes (30 mars 1282) vint faire sombrer pour jamais les rêves de domination universelle de Charles d'Anjou : les révoltes qu'il eut à soutenir de tous côtés et sa lutte contre le roi d'Aragon absorbèrent désormais toutes ses forces. Lorsque Michel Paléologue mourut en 1282, il était délivré du cauchemar de l'invasion angevine.
Mais l'échec de Charles d'Anjou fut bientôt suivi de la perte totale de la Terre Sainte; distrait par ses projets contre Constantinople, il assista indifférent à l'agonie de la domination chrétienne en Syrie. Les troubles qui suivirent la mort de Bibars en 1277 étaient cependant favorables à une intervention : ses fils furent privés du pouvoir par Kelaoun qui devint sultan des Mamlouks en 1279; mais le gouverneur de Damas, ancien ami de Bibars, refusa de reconnaître l'usurpateur et appela les Mongols. Le frère du khan mongol de Perse, Mangou-Timour, envahit la Syrie en 1280. L'année suivante une rencontre décisive eut lieu entre les Egyptiens et les Tartares à Hims (Émèse) sur les bords de l'Oronte. L'armée mongole comprenait 50.000 hommes auxquels s'étaient joints 30.000 Grecs,