‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 182 sur 268 · W. NORJDEN, p. G · texte numérisé non relu

W. NORJDEN, p. G

Géorgiens, Arméniens et Francs. L'aile droite des Mongols, où se trouvaient les chrétiens, enfonça l'aile gauche égyptienne et la poursuivit sous les murs de Hims ; en revanche le centre mongol, enfoncé par l'aile droite de Kelaoun, plia bientôt et s'enfuit^ La bataille fut très meurtrière et les deux armées s'éloignèrent très affaiblies, mais la Syrie échappait aux Mongols et les chrétiens allaient se trouver isolés en face de l'Egypte : d'ailleurs, loin de favoriser les Mongols, Roger de Saint-Séverin, gouverneur d'Acre au nom de Charles d'Anjou, était resté neutre et, en 1282, les habitants d'Acre conclurent une nouvelle trêve de dix ans avec Kelaoun. Le royaume de Jérusalem était réduit alors à Saint- Jean d'Acre avec soixante-treize villages, Sidon avec quinze villages, Caïphas avec le Carmel et sept villages, quelques châteaux, la seigneurie de Beyrouth, au château de Margat et au comté de Tripoli ^. En 1286 les habitants de Saint-Jean d'Acre profitèrent des échecs de Charles d'Anjou pour expulser son sénéchal et appeler Henri II de Chypre qui fut couronné roi de Jérusalem le 15 août^ : les jours de son règne sur la ' Terre Sainte étaient comptés.

Malgré la trêve qu'il avait signée, Kelaoun en effet résolut en 1286 d'en finir avec les possessions chrétiennes et commença par s'emparer de Margat, la grande forteresse des Hospitaliers. L'année suivante il attaqua le comté de Tripoli : un tremblement de terre qui amena l'écroulement d'une tour du côté de la mer lui permit d'entrer à Laodicée, puis en 1289 la ville de Tripoli succomba après quatre jours de siège. Le roi Henri II signa une nouvelle trêve de dix ans *

i. RôHRiCHT, Arch. Or. lat., I, C37-642.

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