LA DESTRUCTION DE L'ORIENT CHRÉTIEN
en Perse, en Arménie, en Afrique; une flotte musulmane menaçait les côtes de l'empire; Carthage et Constantinople elle-même étaient en danger; les nouveaux conquérants semblaient poussés par une force irrésistible qui devait seulement se briser devant Constantinople en 718 et à Poitiers en 732.
La conséquence de cette destruction des chrétientés orientales fut de rendre singulièrement plus difficiles qu'auparavant les rapports entre les Occidentaux etTOrient. Au milieu des invasions persanes et musulmanes, il ne pouvait plus être question de pèlerinages. Sans doute les nouveaux conquérants garantissaient aux chrétiens l'exercice de leur culte, mais les lourds impôts dont ils les accablèrent, le grand nombre des apostasies et surtout l'instabilité légale qui faisait dépendre d'un caprice le sort des communautés religieuses, rendirent bien précaire la situation des chré- ] tiens d'Orienté Les .patriarches d'Antioche, d'Alexandrie, de Jérusalem ne régnèrent plus que sur de i maigres troupeaux de fidèles, et ce furent les églises ' dissidentes, nestorienne, jacobite ou copte qui, avec une liberté nouvelle de propagande, recueillirent les seuls bénéfices de la conquête arabe ^. Le mouvement qui portait les Occidentaux à entreprendre le pèlerinage d'Orient fut donc arrêté brusquement au vue siècle; il ne cessa pourtant pas complètement et si les Occidentaux ne furent plus attirés en Orient, comme naguère,! parle désir de s'instruire, l'intérêt qui s'attachait toujours à la visite des Lieux Saints suffît à maintenir des rapports dont la continuité nous est attestée par quelques témoignages. En 652, le pape Martini®', accusé par ses calomniateurs d'avoir entretenu des correspondances avec les Sarrasins, affirme dans une lettre qu'il