‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 192 sur 268 · Tafel et Thomas, IV, 74 et suiv · texte numérisé non relu

Tafel et Thomas, IV, 74 et suiv

leur législation, la violaient effrontément. Dès 1302, la république de Venise se réconciliait avec le sultan cV Egypte qui renouvelait en sa faveur les concessions de Kelaoun : un article du nouveau traité donnait une prime à l'importation des marchandises prohibées et permettait la sortie en franchise des objets achetés avec le produit de leur ventée En 1305, l'existence à Alexandrie de consulats vénitien, génois et pisan est certaine ; des colonies de marchands s'y étaient donc installées de nouveau 2. Les villes maritimes interprétaient les défenses du pape comme si elles s'étaient appliquées exclusivement à la contrebande de guerre et encore cet article était-il violé assez souvent. Dans une ordonnance de 1312, Philippe le Bel flétrit les mauvais chrétiens qui ont dénoncé au sultan d'Egypte les projets de croisade et lui ont fourni des esclaves et du matériel de guerre^. Le commerce si lucratif des esclaves, nécessaires au recrutement des Mamlouks, résistait à toutes les bulles et à toutes les menaces. Jean XXII se plaint aux Génois qu'un de leurs compatriotes ait osé arborer le drapeau du sultan pour s'y livrer en toute sécurité*. Sans doute ce pape parvint,] en 1323, à agir sur le gouvernement vénitien et, à la] suite d'un décret des conseils, le commerce de Venise avec l'Egypte cessa pendant neuf ans ^. La colonie* chrétienne d'Alexandrie n'avait pourtant pas disparu à cette époque, car elle est mentionnée par les sources arabes ^. Plus tard les papes eux-mêmes accordèrentj

i. He\d, II, 38.

Page 1