‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 193 sur 268 · Heyd, II, p · texte numérisé non relu

Heyd, II, p

6. Mnkrizi raconte une dispute qui s'éleva en 1326 entre les chrétiensl d'Alexandrie et les indigènes. Heyd, II, p. 51. Eu 1327, Charles IV, roi] de France, charge Guillaume Bonnesmain, bourgeois de Figeac, d'une] mission auprès du Soudan. Heyd, II, p. 34.

des licences spéciales aux navires vénitiens qui allaient en Egypte à condition qu'ils n'eussent aucune marchandise prohibée. Le blocus de l'Egypte fut donc irréalisable; les entraves apportées par les prohibitions favorisèrent la route commerciale de la mer Noire ; Alexandrie n'en resta pas moins un des principaux marchés d'échanges entre l'Orient et l'Occident.

La réunion des ordres militaires en une seule milice et l'application à la croisade des revenus considérables dont ils disposaient en Europe ne purent pas davantage être effectuées. La cupidité et la fiscalité de Philippe le Bel et de ses agents surent exploiter à leur avantage les griefs auxquels s'étaient exposés les Templiers. Sans doute par l'acquisition de richesses trop considérables, par son goût trop marqué pour le commerce de l'argent, l'ordre du Temple s'était écarté du but de son institution primitive. Il eût été possible de le réformer sans l'anéantir et tout au moins de le fondre avec celui des Hospitaliers. Le pape Clément V dut sanctionner la condamnation prononcée par les tribunaux ecclésiastiques sous la pression royale. En supprimant officiellement l'ordre des Templiers en 1311, le concile de Vienne priva la Terre Sainte de ses meilleurs auxiliaires et porta un coup sensible à ridée de la croisade. Les immenses ressources dont l'ordre disposait ne profitèrent qu'au roi de France, qui aurait dû les remettre aux Hospitaliers, mais qui les garda sous prétexte de rentrer dans les avances qu'il avait faites au Temple ! Pour obtenir au moins la cession des immeubles les Hospitaliers durent verser de grosses sommes au fisc royal; la question n'était pas encore entièrement tranchée sous Philippe VL L'ordre teutonique ayant émigré en Prusse ^ les Hos-

i. Le premier établissement remonte à 1226.

pitaliers restaient en Orient la seule force qui fût encore officiellement au service de la croisade. Après la prise de Saint-Jean d'Acre, ils s'étaient réfugiés dans l'île de Chypre où le roi Henri II leur avait assigné comme résidence le port de Limassol. Ils fortifièrent cette ville et en firent une station navale pour les navires avec lesquels ils surveillaient les côtes d'Egypte ou protégeaientles convois, des pèlerins qui se rendaientà Jérusalem. Mais bientôt ils se trouvèrent à l'étroit dans cette résidence et la prétention que manifesta Henri II de les soumettre à la taille amena des conflits qui les décidèrent à quitter lîle de Chypre. En 1308, le grand maître Foulque de Villaret obtint du pape Clément V l'autorisation de conquérir l'île de Rhodes, rattachée de nom à l'empire byzantin, mais devenue un véritable repaire de pirates de toute origine. Le pape lui avança 90. COQ florins et prêcha la croisade. Une petite flotte de croisés quitta Brindisi, vint prendre à Limassol tous les chevaliers et se dirigea brusquement sur l'Asie Mineure. Le débarquement eut lieu à Rhodes au grand étonnement des croisés qui n'étaient pas dans le secret. Après un long siège, les chevaliers prirent d'assaut la ville de Rhodes (13 août 1310) ; toutes les forteresses et les îles voisines se soumirent et l'ordre de Saint-Jean acquit ainsi un territoire indépendant dont l'importance stratégique était considérable ^ Toutefois malgré ce succès il était loin de disposer de la puissance que lui aurait donnée son union avec les Templiers.

Le plan d'alliance avec les Mongols ne produisit pas non plus les résultats qu'on en avait attendus et que permettaient d'espérer les relations de toute sorte établies, grâce aux missionnaires et aux commer-

1. Delaville-Leroulx, Les Hospitaliers en Terre Sainte et à Chypre, p. 372-284.

çants, entre l'Extrême-Orient et l'Europe. Quelques années avant la prise de Saint-Jean d'Acre, le khan de Perse Argoun, favorable aux missions chrétiennes, avait fait des efforts répétés pour conclure une alliance avec la chrétienté et déterminer le départ d'une nouvelle croisade. Peut-être dès 1285 et certai-» nement en 1287 il envoya une ambassade au pape^. Le moine Rabban Çauma vicaire du patriarche nestorien, Jabalaha 111, arriva en Italie au moment où le pape Honorius IV venait de mourir. En attendant l'élection de son successeur, il se rendit à Paris où il reçut un excellent accueil de Philippe le Bel qui lui montra les reliques de la Passion à la Sainte-Chapelle. De là il passa en Gascogne auprès du roi Edouard I, puis, en 1288, il alla présenter au nouveau pape, Nicolas IV, les lettres d'Argoun^. D'après la réponse du pape à Argoun il ne semble pas qu'on ait attaché une grande importance en Occident à ces propositions des Mongols ; la lettre de Nicolas IV a surtout pour objet d'exposer au khan les principes de la foi chrétienne et de lui recommander les missionnaires^. A deux reprises encore Argoun essaya d'entraîner les Occidentaux. En 1289, un Génois émigré en Perse, Buscarel apportait de nouvelles lettres destinées au pape, à Philippe le Bel '*, à Edouard I, dans lesquelles Argoun annonçait son intention d'envahir la Terre Sainte et insistait pour obtenir un secours d'Occident. Un de ses fils était chrétien et lui-même

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