‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 21 sur 268 · LA DESTRUCTION DES CHRETIENTES ORIENTALES · texte numérisé non relu

LA DESTRUCTION DES CHRETIENTES ORIENTALES

a remis à des envoyés de Palestine des aumônes destinées aux chrétiens d'outre-mer '. Cet usage, dont saint Grégoire le Grand avait pris l'initiative, ne fut donc pas interrompu par l'invasion arabe. En 670, trente-trois ans après la prise de Jérusalem par Omar, Arculf, que l'on suppose avoir été évêque de Périgueux, parcourt la Palestine et séjourne neuf mois dans la Ville Sainte. D'après plusieurs écrits hagiographiques du VII* siècle, l'ardeur pour les pèlerinages entraîna beaucoup d' Anglo-Saxons et d'Ecossais de cette époque à Jérusalem 2. 11 semble même, comme le prouve une formule que Rozière date de la fin du vu® siècle, que l'usage d'imposer ce pèlerinage comme une pénitence canonique était déjà en vigueur 3. En 722, un de ces Anglo- Saxons épris de lointains pèlerinages, Willibald, se trouvant à Rome, eut le désir de pousser jusqu'en Palestine. Il réussit à trouver à Rhegium un navire égyptien sur lequel il s'embarqua. Le navire aborda en Lycie où l'on passa l'hiver, puis à Chypre et enfin en Syrie. A Emèse, Willibald et ses compagnons furent pris pour des espions ; l'intervention d'un renégat espagnol les sauva de la prison et en novembre 724, près de deux ans après leur départ, ils arrivèrent à Jérusalem. Après être restés deux ans en Terre Sainte, les pèlerins s'embarquèrent à Tyr pour Constantinople où ils passèrent deux nouvelles années. Enfin en 729, ils revinrent en Italie en se joignant au cortège des légats pontificaux et des ambassadeurs impériaux qui se dirigeaient vers Rome : leur pèlerinage avait duré sept ans et cet exemple suffit à nous montrer à quel point les communications étaient devenues difiiciles entre la Palestine et l'Occident. L'état de misère et de trouble

i. Mansi, Concilia, X, 849-850.

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