‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 201 sur 268 · Henkion, I, p · texte numérisé non relu

Henkion, I, p

d'Argoun : parmi les privilèges qu'il leur concède se trouvent ceux de bénir les vases sacrés, de recevoir l'abjuration des hérétiques, d'absoudre ceux qui ont été excommuniés pour avoir frappé des clercs *.

Les premiers missionnaires qui s'étaient aventurés ainsi dans l'Extrême-Orient avaient surtout le caractère de diplomates ; non seulement Plan-Carpin et Rubruquis reçurent des Mongols un excellent accueil, mais ils furent agréablement surpris de trouver parmi eux des chrétiens. L'église nestorienne, dont les missions avaient apporté le christianisme en Chine dès le vii^siècle, était encore florissante en Asie et avait recruté chez les Mongols eux-mêmes beaucoup d'adeptes. D'autre part au cours de leurs expéditions les conquérants avaient réquisitionné un grand nombre de scribes, de négociants, de marchands de toute sorte qu'ils avaient entraînés à leur suite et qui recevaient chez eux les meilleurs traitements à condition de leur rester fidèles. A Tiflis en 1220 ils mirent en réquisition un prêtre arménien, Guiragos et un docteur en théologie. Le docteur paya sa rançon et leur offrit celle de son compagnon, « mais ils n'y consentirent pas, dit Guiragos, « prétendant que je leur étais nécessaire pour écrire

et lire leurs lettres ». Le capitaine mongol consola Guiragos en lui donnant une tente et deux esclaves. « Demain, lui dit-il, tu auras un cheval, je te rendrai content, mais sois-nous fidèle ^I » A son arrivée à Karakorum Rubruquis trouva à la cour de Gouyouk une dame de Metz, nommée Paquette, prise en Hongrie par les Mongols et mariée à un jeune architecte russe. Paquette lui apprit que le khan avait à ^on service un orfèvre parisien, Guillaume Le Boucher, dont le frère tenait encore boutique à Paris surle Grand Pont. Maître

1. Reg. Nicolas /K, n° 578. — Chabot, Revue Orient latin, II, p. o91.

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