‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 202 sur 268 · Gliràcos, Journal Asiatique, V« série, t · texte numérisé non relu

Gliràcos, Journal Asiatique, V« série, t

Guillaume avait été pris par les Mongols à Belgrade ; il avait épousé une Hongroise et avait fabriqué pour lei grand khan un magnifique surtout d'orfèvrerie, reprérentant un arbre d'argent entouré de quatre lions. Son fils au service d'un Turc chrétien avait exécuté pour son maître un crucifix. Le jour des Rameaux tous ces Occidentaux dînèrent ensemble et à leur table se trouvait un fonctionnaire mongol d'origine anglaise, mais né en Hongrie^ Bientôt d'ailleurs ce fut volontairement que les Occidentaux se rendirent dans l'empire Mongol pour y chercher fortune. Nous connaissons déjà le génois Buscarel, officier de la gardo d'Argoun^. Plus curieuse encore est l'odyssée des nobles Vénitiens Nicolo et Matteo Polo qui, après avoir dirigé une maison de commerce à Constantinople, partirent en 1260 munis d'un assortiment de bijoux, avec l'intention de se rendre seulement dans le Kiptcliak dont le khan résidait alternativement à Saraï et à Bolgar. Après avoir vendu leurs marchandises à la « Horde d'Or », ils songèrent au retour, mais la guerre entre le khan du Kiptchaket celui de Perse les en empêcha, et, continuant leur route vers l'Asie centrale, ils arrivèrent à Bokhara, où une nouvelle guerre les força à rester trois ans. Leur embarras était grand, lorsque des ambassadeurs mongols, envoyés par le khan de Perse au grand khan qui résidait en Chine, les engagèrent à les accompagner, en leur promettant un excellent accueil de la part du grand khan. Après un an de voyage ils arrivèrent à la résidence de Koubilaï qui les interrogea avec curiosité sur l'Occident et les chargea de porter au pape une lettre dans laquelle il demandait l'envoi en Orient d'une mission d'au moins cent personnes assez instruites pour apprendre à ses sujets les principes de

Page 1