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RUBRUQUIS, Ch. XXIV

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la science européenne. Les Polo mirent trois ans à revenir en Europe (1266-1269); à leur retour la papauté était vacante et Grégoire X élu en 1271 se contenta de renvoyer les Vénitiens au grand khan avec une lettre ; deux dominicains devaient les accompagner, mais ef-

. frayés par l'approche d une armée égyptienne, ils s'arrêtèrent en Asie Mineure. Nicolo Polo avait emmené cette fois son fils, Marco, qui après son arrivée à Kambalik (Pékin) en 1275, devint l'objet de la faveur du grand khan. Les trois Vénitiens restèrent dix-sept ans au service de Koubilaï. Pendant trois ans Marco Polo fut gouverneur d'une province limitrophe de Tlndo-Chine.

j En 1293, ils revinrent en Europe par le détroit de la Sonde, l'Océan Indien jusqu'à Trébizonde. Ils rapportaient en Europe des renseignements sur tous les pays d'Extrême-Orient. Un monde nouveau était ouvert aux Occidentaux et à l'activité des missionnaires.

Ce fut sous l'influence des rapports de tous ces hardis pionniers que les papes et les ordres religieux commencèrent à organiser dans toute l'Asie des missions permanentes qui devinrent bientôt l'origine d'églises nouvelles. La situation était bien différente en pays musulman et en pays tartare. Les Sarrasins toléraient le culte chrétien sous certaines conditions, mais interdisaient toute propagande. Chez les Tartares au contraire régnait la plus large tolérance et une bienveillance réelle à Tendroit des chrétiens ; le vieux paganisme ouro-altaïque se réduisait à quelques rites superstitieux ; les chrétiens avaient à lutter contre la propagande des moines bouddhistes du Thibet et surtout contre l'expansion de l'islam. Il y^avait donc là une tentative à faire dont les résultats pouvaient avoir des conséquences incalculables. Dès le début du xiv« siècle, l'exemple de Raimond Lulle et les récits des voyageurs ont rendu les missions populaires. A chacun

des chapitres généraux des dominicains de nouveaux missionnaires 'étaient désignés pour se rendre en Orient, mais ce fut surtout sous le pontificat de Jean XXII (1316-1334) que le mouvement prit sa plus grande extension. En 1324, ce pape réorganisait la société des « Voyageurs pour le Christ », sous la direction d'un vicaire général, chargé d'envoyer les missionnaires dans les pays infidèles au fur et à mesure des besoins. L'enthousiasme fut si grand que les provinces dominicaines se dépeuplèrent; en 1328, le pape ayant demandé cinquante missionnaires au chapitre général de Toulouse, il s'en présenta cent '. Les deux couvents des Frères prêcheurs de Péra et de Caffa furent spécialement affectés à l'étude des langues orientales ^. Jean XXII correspondait lui-même activement avec les missions établies en Géorgie, en Perse, en Chine, en.Tartarie, en Turkestan. En 1329, il nommait trois évêques, l'un en Petite-Arménie, l'autre à Tauris, le troisième pour l'Inde^. Son règne fut véritablement l'âge d'or des missions et c'est à cette époque qu'elles obtinrent les plus grands résultats. Elles formaient alors de véritables provinces correspondantes aux dominations politiques établies en Asie.

En Terre Sainte, l'apparition des Frères mineurs remonte, comme on l'a vu, à saint François d'Assise *. Le frère Benoît d'Arezzo qu'il avait envoyé en Orient y créa de nombreux couvents et au chapitre général de Narbonne, tenu par saint Bonaventure, les Frères orientaux étaient si nombreux qu'on partagea la province d'Orient en deux « custodies », celle de Syiie

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