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L'INVASION DES OTTOMANS

à plusieurs reprises de le détruire. Ruiné en 1322, il se releva rapidement, mais fut saccagé de nouveau en 1337; ses habitants s'enfuirent dans l'île de C^Iiyprc et le roi Léon V dut s'engager à détruire ses fortitications : les Mamlouks emmenèrent en Egypte 12.000 prisonniers K

Au milieu de la ruine des possessions chrétiennes deux états avaient seuls survécu et pouvaient devenir des points d'appui pour une nouvelle croisade. Etablis fortement à Rhodes et dans les Sporades, les Hospitaliers pouvaient, grâce à l'abondance des revenus qu'ils possédaient en Occident, entretenir une flotte permanente qui parvenait à contenir la piraterie des Turcs. D'autre part la prospérité du royaume de Chypre se développait sous la dynastie des Lusignan de la branche d'Antioche. Le pouvoir y appartenait aux barons et aux chevaliers, presque tous d'origine française, mais dans les ports et surtout à Famagouste se pressaient des pèlerins et des marchands de toutes les parties du monde. Le voyageur allemand Ludolphe de Sutheim affirme que les épices venues de l'Inde y sont aussi communes que le pain en Allemagne et que c'est à Chypre qu'il faut aller pour apprendre tout ce qui se passe sous le soleil. Tous les grands ports de la Méditerranée avaient à Famagouste leurs colonies et leurs comptoirs. La prospérité avait développé chez les nobles l'amour du luxe et leurs revenus passaient à l'entretien des meutes et des faucons ou à la célébration de somptueux tournois ; ils avaient adopté les modes d'Orient et se plaisaient à la chasse au léopard ou à la célébration fastueuse de cérémonies nuptiales ou funèbres. L'élément français était aussi représenté par l'Eglise qui possédait dans l'île de grandes richesses : la plupart des ordres

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