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religieux d'Occident s'y étaient établis et les constructions d'églises gothiques, véritable reproduction des modèles empruntés aux écoles provinciales de France, se multiplièrent au xiii® et au xiv^ siècles.
§ 2. — La Croisade de l'Archipel.
Ainsi les chevaliers de Rhodes et l'état de Chypre étaient les seules puissances capables de défendre encore les positions chrétiennes en Orient. En 1337, le roi Huo-ue IV de Lusignan avait infligé une défaite aux Turcs ^ et les Hospitaliers donnaient la chasse à leurs pirates, mais pour que leur action fût efficace, il leur fallait des secours de l'Occident : plus que jamais un « passage général » était nécessaire. Comme on Ta vu, la rupture entre la P>ance et l'Angleterre fit ajourner la croisade que Philippe VI devait diriger. La ligue maritime formée par Jean XXII avec le concours de Venise aboutit seulement à la destruction de quelques galères turques dans les eaux de Smyrne'^ La cause de la croisade eût été perdue sans le revirement qui modifia la politique orientale de Venise. Après avoir été par ses rapports suspects avec les musulmans le principal obstacle à toutes les croisades, la puissance vénitienne recueillait maintenant les bénéfices de sa politique sans scrupules. Aucune force suffisante ne faisant plus équilibre aux états musulmans, ils étaient devenus les maîtres de la mer et, malgré les traités que Venise avait conclus avec eux, elle voyait ses possessions de l'Archipel et ses navires de commerce en butte à de continuelles attaques. Ce fut donc pour sauver leurs intérêts économiques menacés en Orient que les
1, Comme par la lettre que lui écrit Benoît XII. Annales Eccles., a.