‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 218 sur 268 · Gay, p. 8G · texte numérisé non relu

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pour la croisade, trouvèrent facilement le moyen de mettre en ligne des flottes de 30 ou 40 galères lorsqu'il s'agit de s'entre-détruire.

§ 3. — Les croisades de Pierre I" de Lusignan.

Pendant que les états chrétiens se querellaient ainsi, les Ottomans continuaient le cours de leurs succès : appelés en Europe par Jean Cantacuzène qui les prit comme auxiliaires dans sa lutte contre Jean Paléologue, ils s'emparaient, en 1356, de l'importante position de Gallipoli et interceptaient ainsi la route de Constantinople. En Asie Mineure le royaume d'Arménie était réduit à quelques châteaux dont l'existence précaire était menacée sans cesse. Ce fut alors que la cause de la croisade trouva un nouveau champion dans la personne de Pierre de Lusignan. Deuxième fils du roi de Chypre, Hugue IV, il était pénétré de l'idéal chevaleresque et mystique du xiv® siècle et se croyait destiné à conduire une croisade. Devenu en 1346 héritier du royaume par la mort de son frère aîné, il fonda un ordre de chevalerie, l'ordre de l'Épée, dont le but était la délivrance de la Terre Sainte et il y lit entrer des chevaliers de toute l'Europe. Puis en 1349, à l'insu de son père, il s'échappa avec son frère et quelques chevaliers pour aller prendre part aux tournois et aux fêtes d'Occilent. Le roi Hugue IV, qui redoutait l'exode de la noblesse de Chypre, entra dans une grande colère et promit des primes à ceux qui arrêteraient les fugitifs. Un de leurs complices, Jean Lombard, fut pendu après avoir été mutilé: les fugitifs furent arrêtés dans le détroit de iMcssine et jetés en prison (septembre 1349) ; cependant au bout de

trois jours le roi leur pardonna leur escapade et les rétablit dans leurs dignités ^

A peine devenu roi de Chypre, Pierre P"" reçut en 1359 des envoyés grecs de la ville arménienne de Gorigos qui venaient lui demander secours. A cause de sa forte position sur la côte de Cilicie, ce port parut au roi de Chypre un excellent point de débarquement pour une croisade future et il le fit occuper par son cousin Robert de Lusignan avec les deux navires qu'il entretenait pour la défense de Smyrne et cinq compagnies d'arbalétriers ^. Aussitôt une ligue se forma entre le grand Caraman et les émirs turcs du sud de l'Asie Mineure. De son côté Pierre se prépara à la lutte, mais son départ fut retardé par les prétentions que le fils de son frère aîné, Hugue, éleva au trône de Chypre. Ce fut seulement en juillet 1361 qu'il put réunir à Famagouste une armée composée des troupes féodales de Chypre et de soudoycrs lombards et florentins. Pierre avait équipé lui-même quarante-six galères auxquelles se joignirent celles du pape et des Hospitaliers. Le 23 août 1361 cette flotte venait surprendre la ville de Satalie qui était la capitale d'un émir turc et passait pour imprenable. La ville se rendit après un jour de siège et le château fut pris d'assaut ^. Ce coup d'audace déconcerta les émirs turcs dont la ligue fut dissoute ; plusieurs émirs consentirent à se reconnaître les vassaux du roi de Chypre et l'année suivante une flotte de Pierre prenait la ville de Myrrhes et transportait en Chypre l'image de saint Nicolas ^.

Mais poussé par deux véritables apôtres de la croisade, le cardinal Pierre Thomas et son chancelier

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