JOKGA, p
Philippe de Mézières, Pierre de Lusignan avait résolu d'associer tout rOccident à son entreprise. Tous trois s'embarquèrent à Famagouste le 24 octobre 1362 et firent voile pour Venise. Le roi de Chypre fut reçu en grande pompe par le doge et tout le patriciat, logé au palais Cornaro sur le grand canal, invité à de grandes chasses, comblé de présents : le doge lui fit espérer la participation de Venise à la croisade ^ Pierre reçut le même accueil triomphal dans toutes les villes d'Italie et se dirigea vers Avignon où il trouva le roi chevalier, Jean le Bon et son fils le duc de Normandie. Jean était attiré par la réputation du vainqueur de Satalie et voulait accomplir les vœux de croisade que son père et lui avaient faits autrefois. Le 20 mars 1363, jour du Vendredi Saint, le pape Urbain V célébra roffice dans sa chapelle et, en présence des cardinaux, donna la croix rouge aux rois de France et de Chypre, au cardinal de Périgord et à une foule de seigneurs, parmi lesquels Boucicaut. Le 12 avril, Urbain V prêcha publiquement la croisade : Jean le Bon devait en être le chef; les grandes compagnies dont il songeait à débarrasser le royaume fourniraient des auxiliaires; le départ était fixé au !«' mars 1365 ^, Continuant son voyage, Pierre passa dans TEmpire : à Strasbourg le clergé de la ville le reçut au son des cloches et on célébra des tournois en son honneur. De retour à Paris, il décida le roi Jean à partir un an avant le terme fixé, mais il rencontra un accueil plus froid à Rouen de la part du duc de Normandie, et surtout à Londres où Edouard III lui fit une magnifique réception, mais refusa de prendre aucun engagement en prétextant son grand âge. Il eut plus de succès auprès du prince Noir qui lui donna un tournoi à Angoulême, où