Heyd, II, p
Viennois. Armé chevalier, il accompagna Humbert è Rhodes et fît en 1347 le pèlerinage de Jérusalem ^ A son relour il s'arrêta en Chypre et se lia d'amitié avec le })rince Pierre de Lusignan; il l'encouragea dans ses idées de croisade et rassembla tous les renseignements qu'il put obtenir des marchands et des voyageurs sui la force des états musulmans^. Après l'avènement de Pierre il revint en Chypre, devint Thomme-lige du roi et fut créé chancelier ; il l'accompagna en 1364 dans son voyage à travers l'Europe et fut chargé par lui de nombreuses négociations ; on le trouve successivemeni en Lombardie, à Venise, puis à Kœnigsberg auprès des chevaliers teutoniques. Après la prise d'Alexandrie, la retraite des croisés lui causa une grande douleur e1 il offrit en vain de garder la ville à lui seul avec cinquante chevaliers. Il revint en Europe et continua au nom du roi de Chypre les négociations pour la croisade ; il apprit à Venise en 1369 l'assassinat de Pierre de Lusignan. Son chagrin fut tel qu'il résolut d'abord d'entrer dans un cloître ; sa foi dans la cause de la croisade l'en empêcha. En 1372, il se rendit à Avignon et obtint que le pape fît adopter en Occident la fête de la Présentation de la Vierge, célébrée déjà dans l'Eglise grecque ; il avait traduit lui-même en latin l'office grec etdans un manifeste il l'offrit à tous les chrétiens comme un « chant nouveau » grâce auquel ils pourraient obtenir de la Vierge les remèdes à leur détresse présente^.
Piiilippe de Mézières trouve ensuite asile auprès de Charles V qui, malgré sa politique de calcul et de froide prudence, avait pour les choses de l'Orient la même curiosité que ses contemporains. Sa bibliothèque
i. JOUGA, p. 19-32.