‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 227 sur 268 · PHILIPPE DE MÉZIERES ET LA CROISADE · texte numérisé non relu

PHILIPPE DE MÉZIERES ET LA CROISADE

blique; Tassistance à l'église sera obligatoire même pour les enfants ; dans les grandes fêtes le patriarche officiera au son des orgues et des trompettes d'argent. Les femmes prononceront aussi des vœux et mèneront une vie de recluses, mais dans l'intérêt de l'ordre, les veuves pourront se remarier indéfiniment. Les femmes nourriront elles-mêmes leurs enfants et les élèveront sévèrement^.

Telles sont les grandes lignes de ce projet, le plus extraordinaire qui ait jamais été proposé pour trancher la question delà croisade ; on y trouve un curieux mélange de chimères et de sens pratique. Après la prise d'Alexandrie, Pierre de Lusignan avait donné à Mézières le tiers de la ville, pour lui permettre de créer son ordre, mais ce fut un espoir vite disparu et la chevalerie de la Passion resta toujours dans le domaine du rêve.

Cependant le jeune roi Charles VI montrait des dispositions très favorables pour la croisade et célébrait de grandes fêtes en l'honneur du roi fugitif d'Arménie, Léon VI, qui venait se fixer à Paris en 1384 2. Il croyait aux prophéties qui annonçaient qu'un roi franc reprendrait Jérusalem et rêvait d'aller en Italie pour mettre fin au grand schisme, de s'opposer aux progrès de Mourad et de s'allier au roi d'Angleterre Richard II, pour conduire la croisade. Dans le « Songe du Vieil Pèlerin » publié en 1388, Philippe de Mézières traçait au roi un plan de croisade en empruntant ses comparaisons au jeu d'échecs ; il voulait établir la paix universelle au moyen de « conseils de bailliages » et précipiter tous les princes de l'Europe sur lés Musulmans, les rois espagnols sur Grenade et l'Afrique, l'empereur et les princes allemands sur les Turcs, les rois

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