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RUINE DES MISSIONS D'EXTREME-ORIENT

Constantinople avec un train trop somptueux pour des pèlerins, la nouvelle du désastre de Nicopolis le désola et il adressa à Charles VI son « Epistre lamentc.ble et consolatrice ». Mal vu du parti bourguignon qui lança contre lui des calomnies épouvantables, Philippe de Mézières mourut le 29 mai 1405 après avoir été témoin des premières catastrophes du siècle de fer qui s'annonçait ^

§ 5. — La ruine des missions d'Extrême-Orient.

La deuxième moitié du xiv® siècle avait révélé l'impuissance de TEurope à organiser une nouvelle croisade : elle devait être aussi fatale à la prospérité des missions chrétiennes en Orient. A la même époque l'islam triompha dans l'Asie centrale, et un mouvement national, en renversant la dynastie mongole de Chine, anéantit l'œuvre de Jean de Montecorvin et de ses successeurs.

En 1353, le pape Innocent VI recevait encore à Avignon un Frère mineur, Jean de Florence, envoyé par le grand khan Chun-ti avec une lettre où le souverain mongol témoignait de sa bienveillance pour le christianisme. Le pape demanda aux franciscains de nouveaux missionnaires dont plusieurs devaient être sacrés évêques ; la mission allait partir quand la nouvelle des événements de Chine vint suspendre son départ. La terrible guerre civile, qui aboutit en 1368 au renversement de la dynastie mongole, commençait, ^es missions de Pékin eurent à soulTrif et quelques nineurs se réfugièrent en Kiptchak. En 1362, le cinquième évêque de Zayton fut mis à mort par les Mujulmans. La nouvelle dynastie des Ming abandonna

i. JORGA, p. 489-512.

Pékin et transporta le siège de l'empire à Nankin. Cependant en 1370 Urbain V organisa une nouvelle mission et nomma archevêque de Pékin Guillaume de Prato, docteur de l'Université de Paris, qui par) avec douze compagnons et fut suivi peu après par 70 missionnaires. On ne sait quel fut le sort de cette mission dont le voyage dut se heurter à des difficultés inouïes. La chrétienté de Chine continua cependant à subsister quelques années : en 1391 elle envoyait en Europe Roger d'Angleterre et Ambroise de Sienne demander au pape de nouveaux missionnaires. Des archevêques de Pékin sont mentionnés jusqu'en 1456, mais il est difficile de savoir s'ils ont pu résider dans leur ville épiscopale.

Au même moment les états mongols de l'Asie centrale étaient définitivement conquis à l'islam. Dès 1262, le khan du Kiptchak avait été converti par les missionnaires de Bibars. En Perse les successeurs de Cazan furent comme lui des musulmans et la loi religieuse se substitua à la coutume mongole, au yassak, La Transoxiane, l'ancien Kharezm dont la population indigène était si attachée à l'islam, ne tarda pas à redevenir une des principales forteresses du Coran. En 1322, le sultan Tarmachirine faisait profession publique de mahométisme et prenait le nom d'Ala-ed-Din (Exaltation de la Foi) ^ Mais le triomphe définitif de l'islam dans l'Asie centrale fut dû à un nouveau conquérant, à Timour-lengk (Tamerlan), qui parvint en quelques années à fonder un nouvel empire. Fils d'un émir turc de la famille de Djagataï, possesseur d'un fief en Transoxiane, il naquit en 1335 et se montra de bonne heure dévot musulman et parfait homme de guerre.

1. Cahun, p. 409-417 (accuse à tort les missions catholiquee de la disparition du cliristiaDismc en Asie qui, selon lui, convenait mieux aux Mongols sous la forme nestorienne).

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