RUINE DES MISSIONS D'EXTRÊME-ORIENT
Il fit ses premières armes au milieu des guerres civiles de la Transoxiane et gagna l'alliance du clergé musulman. Nommé par le sultan du Djagataï gouverneur de la Transoxiane, il se révolta, fut vaincu, connut la proscription et le métier de chef de bandes, puis sa fortune ayant changé, il devint le maître de la Transoxiane, y ruina le pouvoir de la grande féodalité turque et en 1369 fut élevé sur le feutre blanc et proclamé roi de Transoxiane. Son avènement fut un véritable triomphe pour le clergé musulman qui substitua le Coran au yassak, s'empara des biens de la noblesse turque et établit dans toute l'Asie centrale une véritable inquisition chargée de surveiller les fidèles. Une nouvelle guerre sainte commençait : le Kiptchak était conquis en 1389, l'Inde en 1398. Timour songeait à rétablir à son profit l'antique califat ^ L'irruption de cette nouvelle puissance musulmane anéantissait les résultats obtenus par les missions dans l'Asie centrale et allait empêcher pendant des siècles le christianisme d'y faire des progrès. Cependant la mission créée en Perse par les dominicains ne disparut pas entièrement et l'on suit l'histoire des archevêques de Sultanyeh jusqu'au milieu du xv® siècle. En 1402 Jean Lycènes de Bruges, archevêque de Sultanyeh, est chargé par Tamerlan d'une mission auprès de Charles VI et à sa mort, en 1423, il a pour successeur un frère-uni d'Arménie 2.
i. Caiiun, p. 441 et suiv.
2. SiLVESTUE DE S\CY, Mém. de l'Acad. des Inscript., VI, 503 et suiv. Le Qlien, Oriens Christianus, III, p. 13'J5 et suiv. Un archevêque de Sultanyeh, rArménien Thomas de Albaraner, est encore institué par unebttUe de Martin V (14 décembre 1420].