‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 231 sur 268 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LA DÉFENSE DE l'eMPIRE BYZANTIN

§ 1. — Les croisades de Nicopolis et de Constantinople.

Les croisades de Pierre de Lusignan fuî-ent le dernier effort sérieux entrepris pour reprendre la Terre

BIBLIOGRAPHIE. — Sources : 1. Croisade de Nicopolis. Étude sur les sources dans Delavillf.-Lf.kouia, la France en Orient, p. 213-219., Sources françaises : \e Livre des faits du bon Messire Jean le Maingre, dit Bouciquaut (dû à un familier du maréchal de Bouricaut; récit des faits jusqu'en 1409), éd. MicHAUDCt Poujoulat {Nouv. Collect. de mem., 183(i) et BucHON {Panthéon littéraire, t. III des chroniques de Froissart). — Froissart (récit très développé, a mis au premier plan Enguerrand VII de Coucy aux dépens du connétable d'Eu). — Religieux de Saint- Denis (récit d'après un témoin oculaire). Sur les sources allemandes, hongroises, polonaises, byzantines, turques, voy. Delaville-Lekoulx, p. 214-217. I>es documents d'nrchives, listes des chevaliers accompagnant le comte de Nevers, impôts levés pour la croisade ou le paiement de la rançon des prisonniers, négociations diplomatiques, etc.. ont aussi une grande importance; les principaux sont fournis parles Archives de la Ciiambre des Comptes de Bourgogne elles archives de Venise.

2. Invasion de Tamerlan et état de l'Orient de li02 à I4r>3. — Silvestre DE Sacy, Mémoire sur une correspondance inédite de Tamerlan avec Charles VI {Mém. Acad. Inscript., VI-VII). Étude sur les lettres conservées au Trésor des Charles. — Sources orientales : Chérifeddin, Histoire de Timur-Beg (en persan), trad. franc. — Petits de la Croix, Paris, 1722, 4 V. — Arabchah, Vie de Tamerlan (en arabe), trad. franc. Vattier, 16S8. — Sources byzantines : Laonikos Chalchondyles d'Athènes, Histoire de 1298 à 14G3, éd. de Bonn et P. G., CLIX. — Ducas, Histoire de 1341 à 1462. éd. de Bonn et P. G., CLVII. — Georges Phrantzès né en

Sainte et attaquer l'Egypte. Désormais la délivrance du Saint-Sépulcre continue bien à hanter les imaginations : devenu maître de la France, le roi d'Angleterre

1401, Histoire del2S8à 447G,éd.'de Bonn et P. G., CI.vi. —Témoignages occidentaux : Ruy Gonzalez de Clavijo ambassadeur d'Henri IH, roi de CastiUe près de Tamerian, fait un séjour à Samarcandede 1404à 1406 et rédige une Historia del gran Tamorlan... (P"" éd., Séville ,1582. — éd. Colection de Cronicas y memorias de los Reyes de Caslilla. Madrid 1770, in) et/. Streznevski (texte espagnol et traduction russe, Mem. Acad. des Sciences de St-Pétersbourg, XXVHI, 1«81). — Bertrandon de la Brocquière, confident de Philippe le Bon et chargé d'une mission en Orient (1432-1435) : Le voyage d'Oultremer, rédigé en 1455-14.7, éd. Schefer, Rec. de Voy. et documents..., XII. — Jokga, Notes et extraits pour servir à l'histoire des Croisades au XV^ siècle (analyse des archives de Gênes et de Venise), Rev. Or. lat., IV-VIII. — Marino Sanudo, Vitae ducum Venclorum (421-1493), éd. Muratori, XXII (important pour les vies du XV* si('cle).

3. Concile de Florence. Documents rassemblés dansMANsi, t. XXXI. D'après Vast, Le cardinal Bessarion, p. 437 et suiv. ; l'auteur des Acta Grseca serait Bessarion.

4. Pri-e de C<tnst;intinople. Recueil des sources entrepris par l'Académie de Buda-Pestli et confié à Dethieh et Hopf (Monumenta Hunga~ riae hist., XXI et XXII. Le tome XXII n'a jamais été mis en vente et les exemplaires en ont été presque tous détruits. Voy. la table des matières publiée par KniMBACiiER [Geschichte der Byzantin. Litteratur, 2» éd., p. 311). - a) Récifs grecs. Voy. les (iiron. citées plus haut et les lettres «ie Philelphe, 2« éd., Paris, l.'>03. — 6) Récils d'origine turque: Critobule d'Imbros, rallié à Mahomet II. Son récit est très complet et impartial. Éd.Mui.LER, Fragmenta historicorum grœcorum, V. — Annales turques trad. par Leunclavius, P. G., CLIX. — Snad-ed-Din. Extr. dans l'édit. de Jacques Duclercq de Buchon. — c) Récils italiens : Nicolas Barbaro de Venise : Journal du siège, éd. P. G.,CLViii. — Magno de Venise. Extr. Jokga, Rev. Or. lat., VIll, 108. —Jean Zaccaria podestat de Péra, éd. SiLVESTRE ïiES\c\,Not.etext. des mss.,\l, 1827. — Iran iscodeTrasne et deux marchands florentins. Relation reproduite dans les mémoires de Jacques Duclercq, éd. Biicnox.— d) Lettres. Léonard de Chio, archevêque de Milylène, au pape Nicolas V, éd. P. G., CLIX, 928 et suiv. (L'auteur avait acc(»mpai;t)é le légat Isidore de Russie dont le rapport mutilé se tiouve aussi P. G., CLIX). — Lettre de Giustianoau gouvernemeutde Gênes, éd. JORGA, Rev. Or: lat. VIII, 105.

Monographies. — Ouvrages déjà cités de Caoun, Hetd, Delaville-Le- ROtLx, de Mammeu etc... Berger de Xivrey. La vie et les ouvrages de l'empereur Manuel Paléologue [Mem. Ac. Inscript.. XIX). -*- y a^t. Le cardinal Bessarion (1403-1472). Paris, 1878. — Pk.\rs. The destruction of theGreck Empire... London, 1003. — Wlasto, Lts flernirrs jours de Coastautinople, Paris, 4883. — Du Fresne de Beaucoukt, Histoire de Charles VU, t. V. p. 31)0. — Vast, Le siège et la prise de Constantinopie par les Tiaxs, Revue Historique, 1880 (XIII). — Chari.es Sciiefer, Le discours du Voyage d'Oultremer de Jean Germain. Rev. Or. lat., III (projets de croisade de Philippe le Bon).

Henri V a songé à conduire une croisade en Palestine ; plus tard la même idée s'est présentée à l'esprit de Jeanne d'Arc. Mais les fléaux de tout genre qui ont désolé rOccident pendant la première moitié du xv^ siècle, folie des rois, grand schisme, guerres anglaises ont empêché tous les projets d'aboutir. En outre un danger plus pressant que le souci de délivrer la Terre Sainte a sollicité en Orient l'attention de l'Eglise. La possession d'Andrinople et de Philippopoli avait fait des Ottomans une des puissances des Balkans : maîtres des routes de la Thrace, ils interceptaient les communications entre Constantinople et les tronçons de territoire qui formaient encore l'empire byzantin, Thessalonique, laMoréeetc...; de plus par la vallée de la Maritza ils menaçaient les états slaves des Balkans et, derrière -eux, la Hongrie, qui formait visà-vis de l'Orient le rempart de la chrétienté latine. La terreur excitée par les Turcs était si grande qu'en 1365 la république de Piaguse leur offrit volontairement de leur payer tribut. Avant de songer à la Terre Sainte il fallait donc assurer la défense de l'Europe menacée directement par l'islam.

Tel fut désormais depuis Urbain V le nouveau souci qui dirigea la politique des papes en Orient : les croisades redevenaient des guerres de défense et il s'agissait non seulement d'entraîner des armées occidentales sur la route de Constantinople, mais d'unir dans une même alliance les états de la péninsule des Balkans directement menacés par les Turcs. La tâche était difficile : sans parler des rivalités politiques, le schisme des Grecs était le principal obstacle à l'organisation de la défense. D'autre part, suivant les traditions de leur politique réaliste. Gênes et Venise n'avaient pas tardé à ouvrir des négociations avec les nouveaux maîtres du Levant : dès 1372 les colons

européens de Péra avaient conclu avec eux un traité de commerce. Malgré ces circonstances défavorables, les papes firent leurs efforts pour sauver l'empire byzantin. La croisade du comte de Savoie en 1366 avait été une première manifestation de cette nouvelle attitude vis-àvis de l'Orient. De leur côté les empereurs byzantins, conscients de leur faiblesse, essayèrent par tous les moyens d'amener leur clergé à accepter l'union religieuse. En 1369, l'empereur Jean V Paléologue vint trouver Urbain V à Rome et abjura personnellement le schisme ', mais un fait en dit long sur la situation des princes de cette époque : en passant à Venise l'empereur se trouva sans ressources et ses créanciers le firent mettre en prison sans que la Sérénissime République fît rien pour le délivrer; le malheureux Jean V essuya même des refus de la part de son fils aîné, Andronic, et ce fut son second fils, Manuel, despote de Thessalonique, qui le sauva en engageant ses biens. Pendant ces négociations stériles les Turcs devenaient chaque jour plus menaçants et Jean Paléologue désespéré dut se résignera payer tribut à Mourad. Trouvant ainsi la route libre, les Turcs attaquèrent les états slaves : en 1389, l'indépendance delà Serbie périt à la nataille de Kossovo, où furent tués d'un côté le sultan Mourad, de l'autre le prince Milosch ; tous deux furent considérés comme des martyrs par leurs compatriotes. Le nouveau sultan, Bajazet, devenait le maître des Balkans : il obligea Jean V à lui fournir un contingent de guerre et à lui laisser son fils Manuel comme otage. A la nouvelle que l'empereur réparait les murs de Constantinople, il menaça de lai renvoyer Manuel les yeux crevés. En 1391, il le somma de lui livrer Philadelphie, la seule ville qu'il possédât encore en Asie Mineure, et les habitants ayant résisté, il força l'empe-

Page 1