‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 232 sur 268 · W. NORDKN, p · texte numérisé non relu

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reur et son fils à ouvrir la brèche dans les murs de leur propre ville. A la mort de Jean V, Manuel parvint à s'échapper et se fit proclamer empereur, mais sa situation n'était plus tenable : maître de l'Asie Mineure, où il venait d'abattre les émirs indépendants, et de la Bulgarie, où il avait pris Tirnovo, Bajazet allait s'emparer facilement de Constantinople quand l'arrivée d'une croisade d'Occidentaux l'arrêta.

Eiîrayé des progrès des Turcs, le roi de Hongrie Sigismond avait imploré les secours de l'Europe. Le pape Boniface IX reconnu en Italie, en Hongrie, en Allemagne, en Angleterre, en Pologne, fit prêcher la croisade. La noblesse française était sous l'impression de la propagande faite par Philippe de Mézières. Sur le conseil de Philippe le Hardi duc de Bourgogne, Sigismond envoya une ambassade au roi Charles VI; c'était Tépoque où la trcvé venait d'être conclue entre la France et l'Angleterre ^. Les chevaliers offrirent leurs services à l'envi et il y eut tant de demandes qu'on dut limiter leur nombre à 1.000. LecomtedeNevers, fils du duc de Bourgogne et âgé de vingt-quatre ans, fut proclamé le chef de la croisade; il était accompagné des seigneurs les plus en vue, du connétable d'Eu, du maréchal de Boucicaut qui avait déjà fait un voyage en Orient et avec une insconcience juvénile avait pris du service dans l'armée de Bajazet contre les émirs d'Asie Mineure, d'Enguerrand de Coucy, de l'amiral Jean de Vienne, etc.. Au mois de juillet 1396, la concentration des croisés eut lieu à Bude. Outre les Français, il était venu des chevaliers d'Allemagne et d'Angleterre; grossie des contingents hongrois, des troupes valaques, de soudoyers allemands et tchèkes, l'armée avait donc un caractère cosmopolite : c'était une véritable

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