CONSÉQUENCES DE L'INVASION DE TAMERLAN
ses affaires en Orient et que les jours de Tallianfe mongole étaient revenus. Deux ambassadeurs castillans envoyés par le roi Henri 111 assistaient à la bataille d'Ancyre; le roi de France Charles VI fit demander à Tamerlanson alliance par un Frère mineur. Tamerlan répondit à ces lettres : on conserve aux Arclsiv^^s nationales l'original et la traduction latine de la lettre qu'il fit porter au « Re de Francia » par le Frère prèebeup Jean Lycènes archevêque de Sultanyeh : avec un orgueil tout asiatique il avait fait écrire son nom au-dessus de celui de Charles VI et il demandait surtout qu'on envoyât des marchands dans ses états. Si on réfléchit que Charles VI est seigneur de Gênes depuis 1396 et qu'une route commerciale en concurrence avec celle de l'Egypte traversait les états de Tamerlan, on comprendra l'importance qu'il devait attacher à cette demande. Au roi de Castille, Tamerlan envoya un de ses sujets, MohammedHadji, avec des présents; cet ambassadeur repartit de Cadix en mars 1403 accompagné d'une mission castillane dans laquelle se trouvait don Ruy Gonçales de Clavijo qui a laissé un portrait si vivant de Tamerlan. Les Espagnols arrivèrent à Samarcande le 8 septembre 1404 et en repartirent avec de riches présents^.
L'intérêt commercial paraît avoir été surfont en jeu dans ces pourparlers. Tamerlan n'eut ni la vuionté, ni même l'idée de se faire l'auxiliaire des chrétiens en Orient; eût-il réussi à s'emparer de l'Egypte, sa puissance, toute musulmane, eût été plus danger cuse encore pour TEuropc que celle des Mamlouks. Mais d'autres projets attirèrent son attention : en véritable Turc, il ne voyait dans l'Occident qu'une diversion et les Ottomans lui paraissaient des compatriotes dégé-