‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 241 sur 268 · Hevd, II · texte numérisé non relu

Hevd, II

Mourad II un subside pour construire une tour sur laquelle on aurait sculpté les armes du sultan ; Gênes elle-même s'indigna et blâma sa colonie \ En 1433 un conflit à propos de droits de douane éclata entre les habitants de Galata et Constantinople : une flotte génoise qui se rendait en Crimée parut dans la Corne d'Or et son chef, Carlo Lomellino, voulut enlever d'assaut les murs maritimes; il fut battu par la flotte impériale et les Génois bloqués dans Galata durent se soumettre à la volonté du gouvernement byzantin ^. Le témoignage de Bertrandon de la Brocquière en dit long sur les dispositions de ces Italiens. Il débarque à Péra habillé en Turc et tout le monde se courbe devant lui, mais quand on apprend qu'il est chrétien, on veut augmenter le prix de son passage et lui faire un mauvais parti ^. Des esclaves chrétiens n'auraient pas été en sécurité à Péra, s'ils s'étaient enfuis de chez les Turcs, et on les aurait immédiatement rendus à leurs maîtres *. Les Génois de Péra sont donc aux portes de Constantinople les auxiliaires dévoués des Turcs et comptent sur l'indulgence ou l'aveuglement de leur métropole. La politique de Venise fut un peu différente de celle de Gênes, par suite de la puissance territoriale qu'elle avait conservée en Remanie. Sa colonie de Constantinople administrée par un « baile » était toujours prospère et à de nombreuses reprises elle obtint des empereurs le renouvellement de ses privilèges. Depuis la mort du dernier « tiercier » en 1390, elle était maîtresse de Négrepont. Elle ne put se faire céder Athènes, mais elle s'installa àNauplie en 1419 et à Mpnembasia (Malvoisie). D'abord alliée des Turcs dans l'intérêt de sa

A. Hf.yd, n, p. 278.

•2. Heyd, h, p. 286-287.

3. Kf.utuandon de la Brocquière, éd. Schefer, p. 148. Cl. p. 439, 237.

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