Id., p
situation commerciale, elle s'en détaclia peu à peu lorsque ses intérêts furent menacés par leurs progrès. En 1406, elle protestait encore auprès de Soliman de son désir de rester en paix avec lui, quelque ennemi qu'il ait à combattre' : même démarche en 1410 auprès de Moussa- et en 1416 auprès de Mahomet P, mais ce sultan trouvait Venise trop redoutable et prit l'initiative de la rupture. Sur ses ordres la flotte ottomane alla ravager les Cyclades et Négrepont; en même temps Mahomet faisait élever par un arcliitecte génois à Lampsaqueune tour située en face de celle que Bajazet avait construite à Gallipoli; la route de Constantinoplo était ainsi interceptée. Venise releva ce déû et le 29 mai 1416 Tamiral Pietro Loredano infligea une défaite complète à la flotte ottomane en vue de Gallipoli '•. Dès lors l'attitude de Venise à l'égard des Turcs changea complètement : en 1423 Mourad II assiégeait Thessalonique gouvernée par le despote Andronic Paléologue; désespérés, les habitants se donnèrent aux Vénitiens qui en prirent possession après un traité avec le despote et garnirent la place de mercenaires"* : ce fut seulement en 1430 que Mourad put leur enlever cette ville. Venise était donc devenue par suite de ses intérêts une alliée de Constantinople; elle favorisa donc de toutes ses forces le projet d'union religieuse qui devait, dans la pensée de tous, rendre la croisade possible.
La réconciliation avec Home était depuis Jean V la pensée secrète de tous les empereurs byzantins ; ils croyaient qu'elle déciderait l'Occident à entreprendre une nouvelle croisade, mais l'époque du grand schisme