Vast, p
-4. Vast, p. 127.
concile de Florence devait donc avoir une importance considérable pour l'action future de TEglise dans les pays d'Orient et ses décrets sont devenus la base juridique sur laquelle se sont constituées les églises uniates. Bien au contraire les conséquences immédiates que le pape et Tempereur grec espéraient tirer de cette manifestation grandiose se heurtèrent à des difficultés insurmontables qui vinrent, les unes du clergé grec, les autres des princes d'Occident.
La froideur de l'accueil que Jean VIII reçut de ses sujets à son retour le détermina à retarder la proclamation à Constantinople de l'accord qui venait d'être conclu à Florence \ Le champ fut ainsi librement ouvert aux polémiques et Constantinople se divisa en deux camps hostiles; l'emprisonnement de Marc d'Éphèse par ordre de l'empereur ne fit qu'augmenter la discorde ^. La famille impériale elle-même était divisée : tandis que le despote Constantin était le chef des unionistes, le frère de l'empereur, Démétrius, qui avait assisté au concile, favorisait ses adversaires et essayait de s'emparer de Constantinople avec l'appui d'une armée turque (1441) ^. D'autre part, sauf Philippe le Bon, les souverains d'Occident étaient restés indifférents aux résultats du concile de Florence : ni Charles VII, ni Henri VI, ni Frédéric III ne pouvaient songer non seulement à prendre la croix, mais même à favoriser dans leurs états la propagande pour la croisade ; l'Occident n'était pas encore sorti de l'état d'anarchie qui suivit la guerre de Cent ans. Les exhortations du pape à la croisade produisirent donc peu d'effet : des Flamands sujets de Philippe le Bon envoyèrent des galères dans la
d.DucAs, 31. Phrantzès, II, 17. Voy. la Lettre de Georges Scholarios, P.G.j CLX, 1092.