‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 27 sur 268 · Eginhard, Annales, 80-2. M. G. SS., I · texte numérisé non relu

Eginhard, Annales, 80-2. M. G. SS., I

le calife y répondit par une nouvelle ambassade char- ' gée de présents plus splendides encore que la première fois : ce fut en 807 qu'Abdallah, accompagné de deux envoyés du patriarche de Jérusalem, apporta à Aix-la- Chapelle une merveilleuse horloge et des tentes de lin aux couleurs variées^ ; rien ne pouvait mieux que ces échanges de politesses entretenir en Orient le prestige du nom de Charlemagne et de l'empire des Francs. On ne saurait donc trop insister sur un événement dont les conséquences devaient être si importantes : c'est depuis cette époque lointaine que les chrétiens d'Orient ont cessé d'être perdus en terre musulmane et se sont habitués à revendiquer vis-à-vis de leurs maîtres la protection des Occidentaux, des Francs, comme ils les appellent encore aujourd'hui.

Si l'on considère Thistoire du monde musulman, on constate que les conceptions politiques n'y ont pas beaucoup varié depuis les temps lointains du moyen âge jusqu'au xix^ siècle. 11 faut donc se représenter le régime établi en Terre Sainte sous Charlemagne comme analogue à celui des capitulations conclues entre la France et Fempire ottoman aux xvi® et xv!!** siècles. Le protectorat n'affaiblissait en rien le principe de la souveraineté du calife. Il conférait seulement à Charlemagne la juridiction sur les établissements et les sujets chrétiens ; cette juridiction devait être exercée tout naturellement par le patriarche de Jérusalem, chef de tous les chrétiens de langue grecque ou latine. L'intervention de Charlemagne devait se borner à la protection qui s'exerçait par voie diplomatique et à l'envoi de subsides et de secours matériels de toute espèce ^. S'il faut en croire Eginhard, ses aumônes ne se bornèrent pas à la Terre Sainte, mais tous

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