M. G. Leges, I, 1G
le patriarche de Jérusalem, l'abbé latin du Mont des Oliviers, Charlemagne, le pape Léon 111 et les principaux personnages de l'empire franco Les moines latins invoquent l'arbitrage du pape et de l'empereur dans la querelle dogmatique qu'ils ont avec les Grecs et dont les conséquences devaient être funestes à l'unité chrétienne. Le jour de Noël de 808, un certain Jean a voulu expulser les Latins de la basilique de Bethléem en les accusant d'ajouter \eFilioque au symbole ; l'abbé du Mont des Oliviers se plaignit à Léon III et un concile fut tenu à Aix-la-Chapelle en 809 pour trancher cette question ^, La sollicitude de Charlemagne s'étendit donc à tout ce qui touchait aux intérêts matériels et moraux des chrétiens de Terre Sainte. Grâce à lui le nom des Francs ne devait jamais plus périr en Orient, tandis que le prestige glorieux qui s'attacha à sa mémoire contribuait à sauvegarder le zèle des Occidentaux pour la Terre Sainte. Bien qu'il n'ait jamais eu la moindre idée des croisades, il les rendit possibles, grâce à l'enthousiasme que le souvenir de son règne entretint dans la mémoire du peuple.
§ 3. — Le protectorat franc après Charlemagne.
Ainsi les concessions faites à Charlemagne par Haroun-al-Raschid n'ont pas été de simples satisfactions d'amour-propre, des droits purement honorifiques. L'intervention du grand empereur en Orient eut au contraire des résultats si féconds que, pendant près de deux siècles après sa mort, le seul prestige de son nom suffît à maintenir dans leur intégrité les établissements
i. Alcuini Epist., 124, P. L., G. :59. — Jaffé, Mon. CaroL, p. 382, 386. 2. Jaffé, Mon. CaroL, p. 382-383. — Labiie, Concil.., VH, 1194.