LE SCHISME GREC ET SES RESULTATS
- Le 15 juillet 1054 en effet, les légats du pape Léon IX déposaient sur l'autel de sainte Sophie la bulle qui excommuniait le patriarche de Constantinople. Le 20 juillet suivant, Michel Cérulaire répondait à cet anathème par un autre anathème et la rupture était consommée ; puis, non content d'avoir rompu avec Rome, il travailla à entraîner les trois patriarches d'Orient dans son parti et il leur adressa des lettres dans lesquelles il présentait la conduite des légats romains sous le jour le plus odieux et les invitait expressément à conformer leur attitude à la sienne \ Le patriarche d'Antioche était en outre chargé de faire une enquête pour savoir si le nom du pape figurait toujours dans les diptyques des deux autres patriarcats et si dans celui de Jérusalem on faisait toujours usage d'azymes pour le pain eucharistique ^. Le résultat de ces efforts paraît avoir été bientôt couronné de succès. Sans doute, Pierre d'Antioche, bien qu'il approuvât les doctrines de Cérulaire, repoussait absolument toute idée d'un schisme avec Rome ^, mais son successeur, Théodore, paraît avoir été dévoué sans réserve au patriarche de Constantinople : il joue même un rôle actif dans la célèbre sédition de 1057 et reçoit de Cérulaire la mission de proclamer Isaac Gomnène empereur devant le peuple assemblé *.
Bien que nous n'ayons aucune donnée sur l'accueil fait aux exhortations de Michel Cérulaire à Jérusalem et à Alexandrie, il semble bien que depuis 1054 les trois patriarches orientaux se soient toujours considérés comme solidaires de leur collègue de Constanti-