Cedrenos, II
nople vis-à-vis du pape. La mésintelligence qui séparait les Grecs et les Latins se traduisit bientôt par des vexations auxquelles les pèlerins furent en butte de la part du gouvernement byzantin. Un an après le commencement du schisme, en 1055, saint Lietbert, archevêque de Cambrai, se préparait à visiter Jérusalem et parvenait jusqu'à Laodicée de Syrie. Là, à la nouvelle que la route était interceptée par les Turcs, il s'embarqua sur un navire qui fit escale en Chypre, mais le gouverneur byzantin ou catapan le retint plusieurs jours et l'empêcha de continuer son voyage sous prétexte de l'empêcher de tomber aux mains des infidèles ' ; il dut revenir à Laodicée et renoncer à voir Jérusalem. L'année suivante, le pape Victor 11 écrivait à l'impératrice Théodora pour lui dénoncer les exactions dont les pèlerins étaient victimes delà part de ses fonctiormaires. Tout cavalier devait payer trois aurei et la même somme était levée sur deux piétons; en outre on volait quelquefois les chevaux des pèlerins -. C'est là un indice du mauvais vouloir que les Grecs commencent dès cette époque à montrer aux Occidentaux et il est permis de supposer que le schisme religieux fut pour beaucoup dans ce changement d'attilude. De ce conflit est sorti l'immense malentendu qui devait pendant tout le cours du moyen âge rendre les efforts de la chrétienté stériles en Orient.
§ 4. — Les pèlerinages occidentaux au XI' siècle.
Et pourtant malgré les nouveaux obstacles qu'ils avaient à redouter tant de la part des musulmans que des Grecs, jamais les pèlerins occidentaux en Terre Sainte ne furent aussi nombreux que dans le cours du