P. L.y CXLIX
xi° siècle. Obligés cependant de faire face à des dangers inconnus jusque-là, ils prirent le parti de modifier le caractère de leurs pèlerinages. Au lieu de se diriger vers la Terre Sainte en petites troupes de quatre ou cinq pèlerins et sans armes, ils se groupèrent quelquefois au nombre de plusieurs centaines d'hommes armés et leurs pèlerinages ressemblèrent à de véritables expéditions. Sans doute les pèlerins qui voyagent séparément sont encore très nombreux au XI® siècle. En 1011, au moment où les relations sont encore bonnes entre Rome et Constantinople, Foulque Nerra, comte d'Anjou, a pour toute sauvegarde une lettre de recommandation du pape aux empereurs byzantins ^ A Constantinople, on lui fournit des guides qui le conduisent en Terre Sainte ; à Jérusalem il doit payer le tribut levé par les musulmans sur les chrétiens qui veulent pénétrer dans la ville et grâce à sa générosité, une foule de pauvres pèlerins, retenus impitoyablement devant les portes, faute de ressources, peuvent accomplir leur pèlerinage en même temps que lui 2. A la même époque Meingoz archevêque de Trêves n'a pour l'accompagner à Jérusalem que l'ermite saint Siméon, Grec de Sicile que ses voyages dans tout l'Orient ont préparé à faire un excellent guide ^. Au milieu du xi® siècle, Ulrich, plus tard prieur du monastère de Zell, se rend en Terre Sainte avec un serviteur et une unique monture qu'il partage avec lui ; chaque jour il ne monte à cheval qu'après avoir récité tout le psautier '*. En 1058, le chroniqueur Lambert de Hersfeld quitte son monastère sans avertir l'abbé, traverse tout le continent et revient après avoir atteint
1. Gesta Consulum Andegavensium (éd. Soc. H. de Fr., p. 101).