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I LES PÈLERINAGES OCCIDENTAUX AU XI SiÈCLE. 47
laquelle les chrétiens se barricadèrent. Retranchés derrière le mur, les chevaliers parvinrent à repousser la première attaque des Arabes : ils purent même leur arracher des épées et des boucliers et firent des sorties pour les poursuivre. Les ennemis abandonnant l'assaut, commencèrent alors un siège régulier en se succédant sans relâche devant le mur afin de tenir les chrétiens en haleine. Le siège dura du Vendredi Saint au dimanche de Pâques à la troisième heure. A ce moment les chrétiens épuisés songèrent à capituler. Le chef arabe s'élance à cheval dans leur camp après avoir placé à la porte une garde de dix-sept hommes commandée par son fils pour empêcher un pillage immédiat. L'évêque de Bamberg lui offre d'abandonner tous ses bagages s'il consent à laisser passer les chrétiens librement. Le barbare répond que des vaincus n'ont pas à dicter des conditions et se jetant brutalement sur GûQther, il s'écrie que les vainqueurs mangeront la chair des chrétiens et boiront leur sang. Mais l'évêque a bientôt fait de se dégager après avoir renversé son adversaire d'un coup de poing. Les chrétiens s'emparent des Arabes et leur lient les mains, puis couraat au mur, ils menacent de couper la tête de leurs otages si le combat ne cesse pas. A ce moment une intervention inattendue changea la face des choses. Les chrétiens blessés dans la première rencontre avaient pu se traîner jusqu'à Ramleh et prévenir l'émir qui arrivait avec des troupes régulières. La seule nouvelle de son approche suffit à disperser les Bédouins; l'émir reçut avec reconnaissance les prisonniers des chrétiens et les remercia d'avoir débarrassé le pays de ces chefs dangereux qui furent envoyés « au roi de Babylone ». En retour il leur donna une escorte pour les conduire à Jérusalem ^ Le pèlerinage se poursuivit alors sans