‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 48 sur 268 · Lambert de Hersfeld (M. G. SS., V · texte numérisé non relu

Lambert de Hersfeld (M. G. SS., V

difficulté : au retour le chef de Texpédition, Giinther, mourut en Hongrie, le 23 juillet 1005^

Ces expéditions ne sont pas encore des croisades : elles ne diffèrent des pèlerinages ordinaires que par le nombre de ceux qui y participent; elles n'en tiennent pas moins une place importante dans Thistoire des origines de la croisade. Non seulement elles ont rendu familières aux Occidentaux les étapes de la route de Palestine et servi à déterminer les itinéraires qui seront plus tard ceux des croisades, mais elles ont contribué à entretenir en Europe l'enthousiasme pour la Terre Sainte et le culte du Saint-Sépulcre. C'est à cette époque qu'apparaît dans la littérature populaire la légende du pèlerinage de Charlemagne à Jérusalem. Comme l'a montré Gaston Paris 2, le poème du voyage de Charlemagne est antérieur aux croisades et il renferme à côté de détails purement fabuleux un certain nombre de souvenirs historiques du protectorat exercé par Charlemagne et des établissements qu'il a fondés en Terre Sainte 3. Mais ce voyage de Charlemagne et de ses douze pairs n'est encore qu'un pèlerinage pacifique analogue à ceux des x* et xi® siècles ; dans la Chanson de Roland au contraire apparaît Tidée de la guerre sainte contre l'islam ; comme l'a fait remarquer Gaston Paris dans une de ses dernières études, ce poème ne peut être postérieur à la première croisade, à laquelle il ne fait aucune allusion, mais il contribue à nous éclairer sur l'ardeur nouvelle qui allait entraîner la chrétienté à la conquête de l'Orient ''.

i.Ann.Altah. maj. [M. G. SS.,XX, 816). Lambert {Id.., V, 169). Riant, Arch. Or. lat., I, 53 et suiv.

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