‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 64 sur 268 · Lettre aux Flamands. Riant, Arch. Or. lat., I, p · texte numérisé non relu

Lettre aux Flamands. Riant, Arch. Or. lat., I, p

Latran (janvier 1097) \ le pape tenait en haleine le 2fè\e des fidèles. Des prédicateurs populaires commencèrent avec l'assentiment du pape à prêcher la croisade, Pierre l'Ermite dans le Berry^, Robert d'Arbrissel en Anjou ^. Enfin des armées s'organisèrent sous le commandement des plus puissants barons. Avant même la séparation de l'assemblée de Clermont, Raimond de Saint-Gilles, célèbre par son dévouement à l'Église, faisait informer le pape de son dessein de prendre la croix'*. Le 11 février 1096 une assemblée fut tenue à Paris en présence du roi Philippe, dont le frère, Hugues comte de Vermandois, fut choisi comme chef par les seigneurs français ^. Au mois de septembre de la même année les Génois recevaient du pape l'invitation de mettre leurs forces maritimes au service de la croisade et l'on verra quel rôle prépondérant ils y jouèrent®. Aucune précaution ne fut donc négligée pour assurer le succès de l'expédition : au moment où les plus grands souverains de l'Europe excommuniés "^ s'isolaient dans leur abstention, le pape, qui avait réussi à soulever les fidèles, apparaissait comme le véritable chef de la chrétienté et son seul défenseur contre les progrès de l'islam, 11 n'est pas indifférent non plus que la première croisade ait été prêchée en France et par un pape français : la France devait être jusqu'à la fin du moyen âge la terre d'élection des croisades et c'est à cette circonstance qu'elle a dû le prestige dont elle a joui si longtemps en Orient.

1. Hagf.nmeyer, Chronol, (14), (18), (23), (53), (72). — Riant, Arch. Or. lût., I, H6.

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