‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 67 sur 268 · LA CROISADE POPULAIRE · texte numérisé non relu

LA CROISADE POPULAIRE

vires apportaient en Flandre des pèlerins anglais qui se joignant à une troupe de Flamands choisissaient pour chef un des seigneurs brigands des bords du Rhin, le comte Emicho^ Avec la barbarie que montre la foule dans tous les temps, ces cohues, dirigées par des aventuriers, ravageaient les pays qu'elles traversaient et, sous prétexte de venger le Christ, massacraient les Juifs établis dans les villes allemandes, à Spire, Worms, à Mayence, à Prague. Les évêques de Worms et de Mayence, qui avaient donné asile aux Juifs placés sous leur juridiction, virent leur palais épiscopal emporté d'assaut par les bandes furieuses du comte Emicho^.

Dès leur arrivée en Hongrie les croisés eurent à subir l'hostilité des habitants exaspérés par les pillages de cette invasion de barbares : ce fut le commencement de leur perte. A Neitra (juin 1096) les bandes conduites par le prêtre allemand Folkmar furent presque entièrement massacrées ^. Celles de Gautier et de Pierre TErmite parvinrent à atteindre l'empire byzantin, non sans avoir été harcelées sans cesse par les populations hongroise et bulgare qui leur causèrent de nombreux dommages. Le premier août 1096 Pierre l'Ermite arrivait à Constantinople : l'empereur Alexis voulut le voir et lui donna le conseil d'attendre l'arrivée de troupes régulières, mais il n'était pas au pouvoir de Pierre de contenir l'impatience des siens qui d'ailleurs, dénués de tout, commençaient à piller Constantinople et allaientjusqu'à enlever les toits de plomb des églises. Au bout de cinq jours l'empereur fut trop heureux de leur faire traverser le Bosphore. Mais l'entrée en

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