ClIALANDON, p. 187 et suiv
siège d'un mois (14 mai-19 juin 1097) ^ mais Alexis, désireux d'empêcher le sac de la ville, négocia secrètement avec les habitants et, au moment où les croisés allaient donner l'assaut, ils virent flotter sur les murs l'étendard impérial ; les troupes grecques pénétrèrent dans la place, dont l'entrée fut interdite aux croisés. Alexis leur distribua le butin conquis sur les Turcs et après une dernière entrevue dans laquelle les chefs renouvelèrent leur serment de fidélité (Raimond de Saint-Gilles et Tancrède restèrent irréductibles), il les laissa s'engager en Asie Mineure tandis que ses troupes profitaient du succès de la prise de Nicée pour | reprendre les ports et les îles de l'ArchipeP. La victoire remportée sur les Turcs dans la plaine de Dorylée (l^' juillet 1097) ouvrit aux chrétiens la route du sud, mais harcelés sans cesse par un ennemi insaisissable, accablés sous leurs lourdes broignes de cuir couvertes d'écaillés de fer, sans approvisionnements et sans eau, les croisés s'avancèrent péniblement à travers les steppes brûlées par le soleil. Hommes et chevaux mouraient en grand nombre; des chevaliers en étaient réduits à monter, sur des bœufs et à charger leurs bagages sur des moutons et sur des chiens^. En même temps la bonne entente était loin de régner parmi les barons et les ambitions particulières commençaient à se montrer. A la fin de septembre Tancrède et Baudouin se séparèrent de l'armée principale et traversant le Taurus, entrèrent sur le territoire habité par les Arméniens ^. Tancrède réussit à chasser les Turcs de Tarse, mais au moment où il allait en prendre possession, Baudouin survint avec une armée
1. Gesta Francorum, VIII, 2-7. — Foucuer [Hist. Occ. Crois., 111,333). Voy. HiGENMEYER, Chronologic (160), et Ciialandon, p. 191 el suiv.