SOUVENIRS ET RELIQUES DE LA PASSION
L'Orient est donc à la fin de l'antiquité le centre politique, le siège de la domination impériale dont le prestige est toujours vivant en Europe; il est aussi la terre des saints et des ascètes, la patrie des grands docteurs; il est couvert des basiliques somptueuses enrichies par la piété des empereurs. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il apparaisse aux Occidentaux comme une sorte de Terre promise et que beaucoup d'entre eux, même au prix des plus pénibles sacrifices, cherchent à entrevoir tout au moins ces pays dont on raconte tant de merveilles.
§ 2. — Les souvenirs et les reliques de la Passion.
Mais ce n'est pas seulement la curiosité qui attire les Occidentaux en Orient. Depuis Constantin le nom de la colonie païenne d'iElia Capitolina est effacé de l'histoire : Jérusalem est redevenue la ville sainte du christianisme. Les fouilles exécutées par ordre de Constantin sous les décombres du temple de Vénus ont amené la découverte de la grotte du Saint-Sépulcre et de la colline du Calvaire ^ Constantin a fait construire une basilique immense qui enferme dans une même enceinte ces reliques vénérées. La mère de l'empereur, l'impératrice Hélène, est venue en Palestine présider aux nouvelles constructions: elle a fait élever la basilique du mont des Oliviers et celle de Bethléem; une autre église s'est dressée au sommet de la colline de Sion^. La ville s'est bientôt couverte de constructions religieuses. Des hospices ont été aménagés pour recevoir les pèlerins qui commençaient à affluer de tous les points