Voy. plus haul
monastères de Terre Sainte reçurent des croisés la propriété de domaines importants situés en Europe. Voici par exemple quelles étaient en 1178 les possessions de l'abbaye du Mont de Sion : à Jérusalem la montagne de Sion et ses dépendances, tout un quartier dans la ville avec le droit d'ouvrir une porte dans les murs; en Syrie, des casaux (propriétés rurales) sur les territoires d'Ascalon, Jafîa, Naplouse, Césarée, Acre, Tyr, Antioche, des maisons et une église à Tyr; en Asie Mineure le droit de faire naviguer un navire en franchise sur la rivière de Tarse ; en Europe des églises et des maisons dans les diocèses d' Agrigente, de Catane , d'Albano, de Pavie, d'Orléans, de Bourges, de Poitiers, de Valence, etc...^ La juridiction spirituelle du clergé de Jérusalem s'exerçait même parfois jusque dans ces possessions européennes : c'était le cas par exemple à Barletta, en Apulieoùles chanoines du Saint-Sépulcre relevaient du patriarche deJérusalemetoùl'égliseSainte- Marie de Nazareth avait à sa tête un vicaire général de l'archevêque de Nazareth^. A plusieurs reprises des discordes, funestes pour les états latins, éclatèrent entre les rois et les tout-puissants patriarches, notamment sous le règne de Baudouin I", dont les démêlés avec le patriarche Daimbert sont célèbres.
Il ne faudrait pas exagérer cependant la faiblesse des rois de Jérusalem : les limites que rencontrait leur pouvoir bornaient aussi celui des autres princes d'Occident et les germes d'esprit public qui se développaient d'une manière si remarquable dans la société féodale de Syrie se manifestaient presque à la même époque dans les Deux-Siciles et en Angleterre. Les ressources matérielles qu'ils avaient à leur disposition dépassaient certainement celles des autres princes contemporains :