Bertaix, L'art dans Tltalie méridionale^ p
les douanes établies dans tous les ports et tenues par des indigènes qui faisaient leurs écritures en arabe, paraissent leur avoir assuré des revenus très fructueux^ ; il en était de même des péages levés sur les caravanes, des monopoles exercés sur plusieurs industries et surtout du droit de battre monnaie qui appartenait exclusivement au roi, au prince d'Antioche, aux comtes d'Edesse et de Tripoli^. Malheureusement Tétat de guerre perpétuelle et aussi des concessions trop nombreuses de franchises rendirent ces revenus insuffisants. Plusieurs fois les rois obtinrent des barons des ressources extraordinaires : en 1182 un véritable parlement réuni à Jérusalem établit une taille pour défendre le royaumej contre Saladin : tous les revenus, même ceux de l'É-î glise, furent frappés d'un impôt de 2 %3.
C'était surtout dans l'organisation militaire que l'absence d'unité politique produisait ses plus fâcheux effets. Le roi était bien le chef suprême de l'armée des feudataires et ceux-ci, à la différence de la coutume d'Occident, devaient le service sans limite de temps et dans toute l'étendue du royaume; en revanche les seigneurs, et le roi le premier, donnaient une solde à leurs vassaux et une indemnité pour la perte des chevaux et bêtes de somme inscrits par le maréchal des logis au « restor »^. Malgré cette organisation, plus complète que celle de l'Occident, le service féodal était insuffisant : le roi et les seigneurs enrôlaient des vassaux, souvent des indigènes, moyennant une rente viagère ou « fief de soudée» ; une cavalerie légère de « Turcoples » armés et montés à la manière sarrasine était sous le commandement du maréchal; des archers maronites du Liban, des fantassins arméniens et syriens com-