‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 84 sur 268 · GuiLL. DE Tyr, XXII · texte numérisé non relu

GuiLL. DE Tyr, XXII

4. Registre de recensement des chevaux de guerre. Dodu, p. 186 et suiv.

plétaient les contingents de cette armée cosmopolite'. Le chiiïre des forces était d'ailleurs peu élevé et ne dépassait guère 20.000 hommes, dont quelques centaines de chevaliers, et encore on ne pouvait pas dire qu'e'les fussent entièrement dans la main du roi : retirés dans les châteaux qui s'étaient élevés dans toutes les positions stratégiques à l'imitation de ceux d'Occident, les grands vassaux menaient une vie presque entièrement indépendante; leur humeur indisciplinée les poussait à contrecarrer les ordres du roi et ils ne reculaient même pas devant l'alliance avec les infidèles. En 1132, Hugue du Puiset, seigneur de Jaffa, accusé de lèse-majesté devant la Haute-Cour, fait défaut au jour fixé pour le duel judiciaire ; condamné par contumace, il se venge en provoquant les incursions des Sarrasins d'Ascalondans le royaume; le roi Foulque vint l'assiéger dans son château de Jaffa, puis le patriarche pris comme arbitre décida qu'il serait banni du royaume pendant trois ans^. Le fief de Montréal créé par le roi Baudouin I, en 1115, au delà du Jourdain, devint bientôt un véritable état indépendant qui s'étendait de la mer Morte à la mer Rouge : ses quatre châteaux du Crac, du Crac de Montréal, d'Ahamant et du Vau de Moïse (Pétra) étaient de formidables défenses capables d'arrêter toute une armée. Le Crac avec son enceinte de tours carrées qui surplom- 'baient de trois côtés au-dessus des précipices, avec ses citernes, ses réservoirs, ses casemates qui formaient jusqu'à six étages et pouvaient contenir d'immenses approvisionnements, était un asile inviolable. Ce sera un des seigneurs de Montréal, Renaud de Châtillon, qui par ses entreprises particulières contre l'Egypte, attirera, en désobéissant aux ordres du roi, la catastrophe finale sur Jérusalem.

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