GUILL. DE Tyr, XIV, 15 xô
La nécessité d'avoir, pour défendre les états chrétiens, une force plus régulière que les armées féodales amena la création si originale des ordres de chevalerie religieuse dans lesquels Tidéal des croisés trouva sa véritable expression. Le monastère fondé par les Amalfitains à Jérusalem avant la première croisade fut le berceau des Hospitaliers^ : quelques seigneurs français s'organisèrent en congrégation chargée de recueillir les pèlerins et de soigner les malades. Leur « Maison des Pauvres » ou « Hôpital Saint-Jean » recevait les malades et distribuait les aumônes ; leurs seules ressources étaient d'abord les quêtes faites en leur nom dans toute la chrétienté. Mais bientôt l'ordre réorganisé par Gérard du Puy changea de caractère et ses membres se proposèrent comme but la guerre contre les infidèles et la défense des états chrétiens (1113)^. Quelques années plus tard, en 1118, des chevaliers au nombre de neuf, « firent profession entre les mains du patriarche de vivre à jamais dans la chasteté, l'obéissance et la pauvreté ». Le roi leur céda^ un logement dans le palais situé près du Temple,? d'où leur nom de Templiers. Leur premier grand -i maître fut Hugue de Payens. Leurs constitutions furenta approuvées par les papes AnastaselV (1154) etAlexan-J dre III (1163) ^. L'ordre comprenait les chevaliers qui devaient tous être nobles, les sergents, pris dans la bourgeoisie, écuyers ou intendants, les clercs qui servaient de chapelains. Tous prononçaient les trois vœux monastiques ; ils devaient avoir des armes solides, mais dépourvues de tout ornement ou de dorure ; sur leur haubert de mailles flottait un manteau
1. Delaville-Leroulx, Les Hospitaliers en Terre Sainte et à Chypre, ch. I. 1,'auteur établit que les premfers établissements de THôpitai ont été fondés sur le même emplacement que le monastère amalfitain.