‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 86 sur 268 · Delaville-Leroulx, R. Or. lat., XI, 403 et ss · texte numérisé non relu

Delaville-Leroulx, R. Or. lat., XI, 403 et ss

OllGANISATION DES ÉTATS CHRETIENS. 97

d'uniforme, blanc pour les chevaliers, noir pour les sergents : le pape Eugène III y ajouta la croix rouge, tandis que les Hospitaliers avaient la croix blanche. Ils portaient les cheveux ras et la barbe courte afin « de pouvoir regarder devant et derrière ». Les abstinences prolongées leur étaient interdites et ils devaient au contraire se bien nourrir afin d'entretenir leur vigueur. A la tête de Tordre était un véritable gouvernement composé du grand maître et des officiers, mais les décisions importantes ne pouvaient être prises que par le chapitre des chevaliers'. Bientôt les ordres religieux militaires devinrent populaires en Syrie et en Europe ; l'admiration qu'ils excitaient assura leur recrutement. En outre ils furent comblés de donations ou de privilèges tant spirituels que temporels aussi bien par les rois de Jérusalem que par les papes ou les princes d'Occident. Soumis directement au pape, ils échappaient, eux et leurs chapelains, à la juridiction épiscopale ; ils étaient en quelque sorte l'armée permanente de la chrétienté. A la fin du xii® siècle, ils possédaient un nombre incalculable de fiefs et de châteaux en Palestine ou en Europe. Ces richesses étaient employées à la croisade et, outre les chevaliers, chaque ordre eut bientôt ses turcoples indigènes et sa marine particulière. Aux points stratégiques les plus importants, Hospitaliers et Templiers élevèrent de formidable» forteresses défendues par plusieurs enceintes concentriques. Tels étaient le château de Margat et le Crac des chevaliers, que les Hospitaliers avaient élevés pour défendre la frontière du nord ; celui-ci commandait un des cols du Liban qui relie la vallée de l'Oronte à la Méditerranée ; chacun d'eux comprenaif deux enceintes séparées par un large fossé et défendues par d'énormes

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