De Curzon, Règle du Temple
tours, pourvues dès le xii<^ siècle de mâchicoulis^ Un d€s principaux châteaux des Templiers, celui de Tortose, était complètement séparé de la ville et commu- \ niquait librement avec la mer par des casemates creusées sous les fondations ; il était entouré aussi de deux enceintes étagées l'une au-dessus de l'autre; un donjon carré de 35 mètres de côté et flanqué de deux tours formait le réduit de la défense^.
Cette puissance redoutable échappait tout naturellement à l'influence du roi de Jérusalem. Les chevaliers n'avaient d'autre supérieur que le pape; s'ils mettaient leurs forces au service des états chrétiens, ils avaient à côté de la politique royale leurs entreprises particulières et le droit de conclure des traités avec les Musulmans. Il en résulta souvent entre les rois et les ordres militaires des conflits qui devaient être fatals à l'unité . et à l'eflicacité de la défense. Il
Et pourtant malgré cette organisation imparfaite et la situation instable qu'elle créait, les colonies franques de Syrie eurent au xii® siècle un développement des plus prospères et qui fut fécond pour la civilisation générale de l'Europe. Pour repeupler le pays dévasté ' par la conquête, le roi Baudouin I attira les débris des communautés chrétiennes qui habitaient au delà du Jourdain ^. Le retour à l'unité chrétienne des Maronites du Liban, isolés depuis plusieurs siècles dans leur hérésie monothélite, fut un événement avantageux pour les états chrétiens ; en 1182 ils abjurèrent leurs erreurs devant le patriarche d'Antioche Aimeri''. La plupart des indigènes chrétiens, jacobites, arméniens, nestoriens, grecs firent de même; ils formèrent dans les
i. Rey, Monuments de l'Archilcct. milit. des croisés, p. 39. — Enlart, Manuel d'archéologie française, II, 531 et suiv.