‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 88 sur 268 · GuiLL. de Tyr, XXII · texte numérisé non relu

GuiLL. de Tyr, XXII

villes une bourgeoisie active et intelligente, et eurent le droit de posséder des terres ainsi qu'une administration autonome sous des magistrats appelés reïs^. En outre dans tous les ports, les villes italiennes reçurent en toute franchise et sans aucune servitude féodale la concession de maisons ou même d'un quartier tout entier qui formait un petit état autonome avec son bailliage, ses entrepôts, ses églises et dans la banlieue des casaux où l'on cultivait un grand nombre de plantes orientales, telles que le coton et la canne à sucre; quelques-unes de ces colonies jouissaient même de certains revenus productifs : les Génois, par exemple, percevaient le tiers des bénéfices du port à Tyr, à Acre, à Laodicée, à Saint-Siméon. Les habitants de Marseille reçurentdu roi Baudouin I, en 1117, des privilèges analogues^. Italiens et Marseillais eurent bientôt le monopole du commerce du Levant; les caravanes parties de Bagdad et de Damas, qui étaient à cette époque les principaux marchés de l'Orient, apportaient dans les ports de Syrie les précieuses épices des îles, les perles du Golfe Persique, la soie et la porcelaine de Chine, etc.; enfin les industries créées en Syrie, le raffinage du sucre auquel excellaient les indigènes, les étoffes de soie et de coton, les teintureries, les verreries de Tyr assuraient des bénéfices fructueux aux navires vénitiens, génois, marseillais qui venaient chaque année aborder dans les ports syriens, soit pour transporter de nouveaux croisés, soit pour apporter aux chevaliers d'Occident les produits qui leur étaient nécessaires ^. Ce commerce du Levant devint bientôt un élément important de la vie économique de TEu-

i. RPY, Colonies franques, p. 75.

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