‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 91 sur 268 · CHUTE D'ÉDESSE ET DEUXIÈME CROISADE · texte numérisé non relu

CHUTE D'ÉDESSE ET DEUXIÈME CROISADE

lexis Comnène et à exiger l'accomplissement du traité conclu naguère à Déaboiis entre cet empereur et Bohémond. L'empire byzantin avait profité des croisades pour recouvrer l'Asie Mineure et il menaçait d'englober les états latins dans sa suzeraineté. Les papes avaient cru un moment qu'ils p ourraient trouver dans les empereurs de Constantinople des auxiliaires qui dirigeraient la lutte de la chrétienté contre les musulmans. Urbain II avait exhorté les croisés à « délivrer les églises orientales ». Pascal II avait négocié avec Alexis Comnène un rapprochement des églises de Rome et de Constantinople : en 1112, il avait même songé à le couronner empereur à Rome pour l'opposer à Henri V. L'intransigeance du clergé grec avait rendu vaines toutes ces tentatives de conciliation ^ Non seulement les empereurs n'avaient pas reconnu la suprématie spirituelle des papes, mais ils prétendaient imposer un patriarche grec aux Latins d'Antioche et profiter des conquêtes franques pour rétablir leur domination sur tout l'Orient. Dès cette époque l'empire byzantin apparaît comme un obstacle à la croisade ; il ne faut donc pas s'étonner des mauvais desseins que nourrissent déjà contre lui certains Occidentaux; la catastrophe de 1204 ne fut que le résultat final de cet arriéré de haines.

§ 3. — La chute d'Édesse et la deuxième croisade.

Mais déjà un nouveau danger menaçait les états chrétiens. L'Atâbek de Mossoul, Imad-ed-Din-Zeriki, attaqua le comté d'Édesse, y prit plusieurs villes et parut le 28 novembre 1144 devant sa capitale. Ses machines de guerre ouvrirent bientôt des brèches dans les murailles ; la garnison composée de 1.000 hommes se réfugia

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