H 6 L'ÉGLISE
accepter le gouvernement établi et lutter sur le terrain constitutionnel : « Après un demisiècle d'incomparables désastres, disait Louis Veuillot, nous comprenons tous les deuils, mais nous ne voulons pas y ensevelir notre liberté (1). »
A cette époque tous les catholiques militants étaient rangés autour du même drapeau, et marchaient du même pas à la conquête de la lilîerté d'enseignement. Leur chef M. de Montalembert fut puissamment aidé par W Parisis, évêque de Langres, dont l'intervention fut décisive. Le savant prélat, dans un ouvrage célèbre , Cas de conscience à pi'opos des libertés exercées ou réclamées 'par les catholiques, traita à fond et ex professo le problème de Vunion des droits de rÉglise et des libertés publiques. Je vais reprendre cette thèse dont le temps n'a pas amoindri l'actualité.
L' évêque de Langres ne se dissimulait pas les difficultés de l'entreprise; il disait dans la préface de son livre : (( Tout ce que nous avons publié jusqu'à ce jour au sujet de la liberté d'enseignement et de la liberté de l'Église, repose, au moins en partie, sur le principe des
libertés civiles qui sont la base de notre société moderne.
<( Or, à part les préventions trop légitimes que ces libertés inspirent, à raison de leurs effroyables abus dont la France fut plus qu'aucune autre nation la victime, on est encore assez généralement porté à croire que, sous plusieurs rapports, ces mêmes libertés sont antipathiques avec l'esprit et même avec les doctrines de notre sainte religion .
« Ainsi l'on ne pense pas qu'un catholique, instruit et sérieux, puisse, avec des convictions aussi absolues, aussi exclusives, aussi saintes que les siennes, demander sincèrement ni la liberté des cultes, ni la liberté de l'enseignement, ni la liberté delà presse, ni la liberté des discussions publiques, ni la liberté des blâmes envers l'autorité, etc.
« De là deux sortes d'adversaires et de contradicteurs à la position que nous avons prise, de concert avec presque tout Vépiscopat et le plus grand nombre des catholiques de France. Les uns nous accusent de professer, en fait de liberté, ce que nous ne croyons pas; les autres nous reprochent de professer, sur ce point, ce que nous ne devons pas.
« Les premiers sont dans le camp opposé, et